Même au fond de la classe, pas sûr que les sales mômes du Metal que nous sommes ne connaissent, pour beaucoup, l’existence de ce projet de Black Metal qui nous provient de Grèce. Et pourtant, il pourrait avoir tapé dans l’œil de quelques-uns, bien trop occupés à écouter tout ce qui passe près de leurs oreilles, au lieu de se concentrer sur leurs pupitres. Et, depuis la fin de l’hiver, date à laquelle ce second album est sorti, "Twilight, My Passion" ne fait que se rappeler à mon bon souvenir. Alors, avant qu’il ne disparaisse dans le gouffre infini du vide et de l’oubli, c’est en élève studieux que j’arrête ce cycle impitoyable, pour y consacrer le temps qu’il mérite et promouvoir l’émotion qu’il suscite.
À l’écoute de cet album, nous sommes sans peine plongés dans la fin des années 90. "Twilight, My Passion" respire amplement, notamment avec cette production un peu Lo-Fi et, justement, judicieuse, nous renvoyant dans le passé, l’humus et les ténèbres nordiques. De plus, Constantine Betsas, le compositeur, arrive à tisser une toile assez superbe et solide de riffs, plus entêtants les uns que les autres, au fil des titres. Dès les premières notes du titre éponyme, volontiers accrocheur, nous ressentons les velléités mélodiques, Heavy dans l’âme, de MOURNFUL MOON. Nous ne sommes pourtant pas dans la flamboyance des mélopées, mais bien sur un versant plus sombre et romantique. C’est aussi cela qui fait l’originalité de ce projet. Notons également ces claviers volontiers Dungeon Synth à un endroit, vampirisant à un autre, mais toujours très bien distillés et ajustés aux ambiances qu’ils sacralisent.
En résulte des titres véritablement intéressants, qui pourraient vous rappeler fortement les récents travaux de DIMMU BORGIR (dont vous trouverez les chroniques élogieuses en ces pages), ou, si nous voulons être plus précis, au "First Spell" de GEHENNA, au "For All Tid" de DIMMU BORGIR, mais également à quelques ambiances du "Svartalvheim" d’ANCIENT. MOURNFUL MOON arrive humblement à passionner. Alors, parlons un peu du titre "Midnight Pleasure", sombrement énergique, avec ses belles volutes mélodiques et symphoniques entremêlées, et son chant bien acéré, sobre mais toujours bien efficace. Il retiendra votre attention, tout comme "Kiss Of Treachery" et ses nombreuses strates symphoniques et nostalgiques, ainsi que son final Dungeon Synth de toute beauté. Enfin, mention spéciale également au titre de clôture, "Maestro of the Seventh Symphony", avec ses espaces aériens, la belle densité de ses riffs et l’impérialité constante de ses claviers et de ses rythmes.
Cet album ne fera pourtant certainement pas grand bruit, dommage ! MOURNFUL MOON démontre cependant une grande efficacité et déjà une belle singularité. La spatialité de ses ambiances, la nostalgie de ses atmosphères, la richesse mélodique sont pourtant ses principaux atouts. Dans mes représentations, j’aurais eu du mal à deviner que ce groupe soit grec, tant "Twilight, My Passion" m’évoque les belles heures du Black Mélodique envoûtant norvégien. N’oubliez donc pas d’y jeter une oreille, vous serez à coup sûr conquis.