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Oakmord - Take The Step
Chronique par Storm - Publiée le 03/02/2026
Oakmord - Take The Step
Note : 3.5/6
Genre : Funeral Doom Metal
Année : 2025
Label : Meuse Music Records
Pays : Finlande
Durée : 51:05
Tracklist :
1.
This Song Is Mine
05:24
2.
Elegy MMXXIV
05:32
3.
Into the Silence
05:27
4.
Take the Step
05:13
5.
Never Forgive
06:17
6.
No One Will Find Me
07:41
7.
The End of Us
05:53
8.
Touch Eternity
07:29
9.
Marras
02:09

Sami Rautio, à la manœuvre du bateau dérivant OAKMORD, accompagné du batteur allemand Jürgen Fröhling, nous fait sombrer peu à peu dans les eaux noirâtres d’un Funeral Doom rempli d’un désespoir infini, à la mélancolie tenace et aux derniers éclats insubstantiels. Ces deux-là se connaissent pourtant bien depuis leur escapade ténébreuse au sein de MY SHAMEFUL. Je ne connaissais pas ce groupe de la toute fin des années 90, déjà porté par Sami Rautio, et bien mal m’en a pris lorsque j’ai remonté le fil de la discographie et ai pu découvrir un groupe à l’expressivité émotionnelle forte, naviguant toujours sombrement dans les mers tourmentées du Funeral Doom à tendance atmosphérique, depuis leur album fort intéressant de 2006 : "The Return To Nothing".

Sami Rautio reprend donc du service pour produire depuis trois albums, "Take The Step" étant le dernier en date, un Funeral de qualité que l’on pourrait associer à un SKEPTICISM sans sa panoplie liturgique, ou à un EVOKEN période post-"Antithesis Of Light". Avec ces riffs languissant dans une grisaille épouvantable, le duo germano-finnois nous embarque dans un voyage suffocant mais avant tout fortement mélancolique. Un peu à l’instar d’un COLOSSEUM, nous pouvons ressentir de la douleur dans ce "Take The Step". De la lourdeur s’échappe de ce riffing, qui me rappelle aussi de temps à autre cette sorte de diffusion atmosphérique des mélodies comme les Français de LONGING FOR DAWN ont su le faire par le passé. Car les leads sont ici au centre de nos attentions, avec leurs vertiges, leurs moments émouvants qu’ils arrivent à suspendre, à mettre en apesanteur avant qu’ils s’écrasent dans leur propre fuzz.

OAKMORD ne renversera pas la table du Funeral Doom, même en slow motion, mais cet album s’écoute aisément sans devenir soporifique, malgré son homogénéité palpable. J’aime avant tout le désenchantement des compositions, leur sinistrose aboutie. Certaines compositions me semblent plus abouties que d’autres, du moins elles arrivent à rester davantage en tête. Je pense au titre éponyme, mais aussi à la très belle "Touch Eternity", qui paraît souffler les dernières lumières pour laisser l’univers de la nuit s’emparer de tout. "Elegy MMXXIV" est aussi dans cette veine-là. Les leads, très beaux, restent scintillants, tandis que la lourdeur des riffs, le chant growlé, tels des susurrements d’épouvante, haranguent les derniers soubresauts de douleur, les derniers spasmes vitaux s’éteindre et quitter le règne du vivant.

Signé chez Meuse Music Records, OAKMORD, du fait du background de ses deux musiciens, n’a rien à apprendre en route. Son Funeral Doom est avant tout un Funeral de désespéré bien nourri à la pluie et à la mélancolie. Son aspect nihiliste prime. "Take The Step" est une descente dans le vide sans perspective d’espoir, d’une durée de plus de cinquante minutes. Cinquante minutes d’introspection, où s’agitent les doutes, les peurs archaïques, dans un isolement total. La première partie de l’album est plus dynamique (n’exagérons rien, cela reste du Funeral) que la seconde, qui pourrait avoir tendance à posséder quelques longueurs. Un bon album donc de Funeral, comme il y en a toujours trop peu eu cette année. À mettre également au regard du goutte-à-goutte des sorties dans ce style extrême.

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