OPERA IX, au même titre que SADIST, MORTUARY DRAPE ou bien encore NECRODEATH, fait partie de ces groupes au statut culte qui ont marqué de leur empreinte indélébile les premiers pas de la scène extrême italienne. Plus de trente ans à arpenter les corridors sombres du Metal donnent quelques arguments pour conforter ses expériences et déployer son propre art. Les Italiens, emmenés par l’éternel Ossian D’Ambrosio, nous reviennent cette année non pas pour un nouvel album, mais bel et bien avec le réenregistrement de leur album "Back To Sepulchro" sorti il y a tout juste dix ans. Cet opus aura marqué les fans, puisqu’il avait permis le recrutement d’une nouvelle chanteuse brillante, Abigail Dianaria, dont le timbre envoûtant se rapprochait de l’incroyable Cadaveria — figure marquante des débuts de OPERA IX — qui aura fait des émules par son jeu précis, sa présence singulière et son timbre captivant.
Quid de l’intérêt de ce genre de sorties ? Pour ma part, si je compare les deux enregistrements, je constate évidemment une production bien plus équilibrée des deux côtés du spectre sonore, un meilleur étagement des instruments et une séparation bien plus précise. Forcément, le bénéfice est concret : plus de détails, plus d’aération, de naturel et de clarté. Du côté de la voix, poste essentiel où rôde la silhouette fantomatique de Cadaveria, ma préférence va à Abigail Dianaria (la chanteuse de l’album de 2015) qui, à mon sens, possède un jeu vocal plus intense et singulier. Non pas que Serena Mastracco alias Dipsas Dianaria fasse un travail quelconque, mais sa tessiture est d’expression moins féminine et donc plus habituelle, je serais tenté de dire. Du côté des compositions, pour ceux qui auraient peu suivi la discographie de OPERA IX, sachez qu’Ossian s’est plutôt bien démené pour emmener son Black Metal à tendance nettement occulte vers des rives tantôt largement mélodiques, mais aussi vers d’autres plus symphoniques.
L’utilisation du clavier, pourvoyeur d’ambiances, est ici plutôt abondamment utilisée pour soutenir les effets lugubres et escamoter les différentes structures des titres assez longs encore sur cet album. Et je dirais qu’il y a parfois du très bon et, par endroits, des redondances ou des clichés du côté des nappes. Rien de transcendant au final, mais le travail concernant le réenregistrement est sérieux. "Maleventum" est un titre réussi (il est ici réinterprété par rapport à sa version de 2002 au sein de l’album éponyme) ; sa courtesse — par rapport aux autres — le sauve sans doute un peu. J’aime particulièrement cette variété des rythmes et ces quelques envolées, pour le coup bien senties, des nappes de claviers. Les autres titres, hormis "Sepulcro" — qui est également un titre original présent cette fois sur le fameux "Call Of The Wood" (chroniqué en ces pages récemment) — font quelques montagnes russes au niveau émotionnel et ne décollent pas sévèrement.
Ce "Back To Sepulchro MMXXV" n’est donc point désagréable, mais s’adressera, je pense, prioritairement aux fans du groupe. J’aurais espéré un nouvel album, mais il me faudra encore patienter. Le dernier véritable album, "The Gospel", est sorti en 2018. Ossian D’Ambrosio semble avoir mis le grappin sur cette nouvelle chanteuse et stabilisé son line-up, ce qui est de bon augure pour la suite. Voilà, la messe noire est dite, nous sommes tout ouïs pour une véritable nouvelle sortie à venir.