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Revenge - Violation.Strife.Abominate
Chronique par Storm - Publiée le 03/02/2026
Revenge - Violation.Strife.Abominate
Note : 4.5/6
Genre : War Black Metal
Année : 2025
Label : Season Of Mist Underground Activists
Pays : Canada
Durée : 43:22
Tracklist :
1.
Violation Unit (Balaclava Directive)
03:16
2.
Treason Disrupt (All Are Guilty)
05:01
3.
Flashpoint Heretic (Flame Thrown)
04:16
4.
Strife Invocation
04:12
5.
Revelation Emaciated (Chalice Abominate)
03:52
6.
Mercy Revoked
04:25
7.
Piety Vaporised (True Force)
03:03
8.
Shockwave Iconoclast
04:15
9.
Last Resort
03:15
10.
Aftermath (Forced Reset)
01:15
11.
Liar's Rope (Degeneracy Fallen)
01:17
12.
Swine Tumult (On All Fours)
05:15

Si vous ne connaissez pas les Canadiens de REVENGE, je vous conseille en premier lieu de passer aux chiottes histoire de vous vider les intestins et l’estomac et de prendre vos bêta-bloquants s’il y a lieu d’être. Pourquoi ? Parce que REVENGE est dangereux, très dangereux même. Vous n’imaginez pas à quel point James Read, son maître à penser, est vicelard et sans compromis. Ce dernier officie depuis un bail avec REVENGE mais toujours avec la même rancœur envers l’humanité.

N'espérez aucune douceur, "Violation.Strife.Abomination" est d’une hostilité sans nom et agite sa démoniaquerie dans toutes les directions. Abrasif et plus coupant que n’importe quelle lame, la musique de REVENGE n’a pas bougé d’un iota depuis ses débuts. Carnassier et suprêmement violent, avec un son primitif et sans concessions, REVENGE refuse tout contact humain et porte fièrement, sardoniquement même, l’étendard du "No Scene, No Brotherhood, No Remorse". L’expérience sonore est somme toute incroyable et verse dans le rejet total, la violence dans la plus pure crudité et l’anéantissement. Là où REVENGE joue, la scène trépasse. Aucune empathie, aucune recherche d’entrer en contact avec qui que ce soit, ni même son public, James Read ignore l’autre dans son existence à être… C’est vous dire le personnage et la tempête sonique qui vous attend à l’écoute de cet album. Fuyez donc. Enjambez cette chronique. Ou alors bon courage serait le maître-mot.

James Read ridiculise tous les faux-extrémistes et chie sur les communautés du Metal si tentées qu’elles existent. Et ce dingue est un vieux briscard qui officie dans du Black/Death à tendance Grind depuis le début des années 90. Très proche de BLASPHEMY, le Canadien a emmené ses anciens projets (CONQUEROR, CREMATION) aux confins de la brutalité. Alors, décrire le chaos de ce nouvel album n’est pas une mince affaire, mais surtout ne le mérite pas. C’est avant tout une expérience sonore qui s’offre à nous. Un objet musical à prendre dans son ensemble et à se farcir d’une traite pour oublier l’asphyxie. Imaginez par exemple un NASUM totalement endiablé, lugubre, archi-nihiliste à souhait et vous aurez peut-être le détail du début d’une première réponse.

Souffrez donc pauvres errants à son écoute ! Et cela sera long, car l’album s’étend sur plus d’une quarantaine de minutes. Les amateurs, et ils sont nombreux, auront de quoi se sustenter d’un festin bien empoisonné et copieux. Pour les autres vous aurez bien mal – à moins que vous ayez une âme de fakirs – mais se nourrir de REVENGE c’est très certainement accepter d’avaler des lames et d’en ressentir le tranchant dans l’œsophage. Pour ma part, cette expérience interdite est bonne à prendre pour passer ses nerfs et envisager les plus mauvais desseins. Enfin un album – un de plus pour REVENGE – qui a des couilles et du mépris, bien loin des standards. De quoi redorer la vraie éthique du Metal extrême si souvent oubliée ou gominée. La merde en somme et la déchirure du cul en prime. Hail REVENGE !

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