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Storming - Celestial Clear Moonlit
Chronique par Storm - Publiée le 05/02/2026
Storming - Celestial Clear Moonlit
Note : 5/6
Genre : Atmospheric/Ambiant Black Metal
Année : 2025
Label : First Spell Productions
Pays : États-Unis
Durée : 44:24
Tracklist :
1.
Cleaved by Heaven
10:30
2.
Starfire
11:30
3.
A Life-Absorbing Path
02:26
4.
Over Horizons
11:40
5.
From the Heart of Breath
08:18

Du bon Raw Black Metal, ça fait toujours à entendre rien que pour entretenir ses acouphènes et irradier ses quelques neurones restants. Cette année, en bonne place, chroniqué en ces lieux, il y aura STORMING, qui, tout comme ses confrères de NATHAIR, nous a gratifié (oui, il s’agit d’un onemanband) d’un album, le second de sa jeune discographie, à ne pas omettre de découvrir. Certes, le son est cru et les guitares incisives vont vous faire saigner les oreilles dans un premier temps, mais "Celestial Clear Moonlit" recèle des titres passionnants, aux mélodies entêtantes et vraiment très bien inspirées. Dans la masse des sorties de cette année, il aurait été aisé à cet album de disparaître rapidement des radars, mais c’était sans compter sur la volonté tenace de certains chroniqueurs, dont je fais partie.

Et pour cause, quelque chose d’impalpable, d’irrésistible, d’aimanté se dégage de cet opus. Ratatosk ancre son inspiration dans un Black Metal plutôt oldschool, tout à la fois mélodique, hanté et misanthrope, à la manière de certains projets des LLN (Les Légions Noires) aux textures sonores colorées de matières Ambient, planantes, voire contemplatives. Du reste, c’est aussi du côté des ambiances variées que STORMING se démarque. Prenez, par exemple, le titre "Over Horizon" avec ses accents épiques noyés dans le fuzz des guitares et les quelques embardées spectrales de ses claviers qui, amalgamés, vous rappelleront les ISENGARD, WONGRAVEN, mais également certains motifs sonores de premiers albums de MIDNIGHT ODYSSEY… en plus déchiquetés et maudits. Invariablement, les titres de cet album nous ramènent aux premières heures de la seconde vague du Black Metal des 90s, avec leurs lots d’inspirations pures, leurs riffs acérés et entraînants, et leurs atmosphères envoûtantes.

Le titre introducteur, "Cleaved By Heaven", est exemplaire de ce point de vue-là : introduction fuligineuse, riffs brouillardeux, liturgie des claviers, chant rocailleux mystérieux, longues boucles sonores s’égrenant jusqu’à l’imperceptible horizon. Je confesse, par là même, que ce titre, BURZUM-ien dans l’âme (notamment du point de vue du son typique des guitares), m’a littéralement squatté les neurones et se rappelle à moi régulièrement, preuve s’il en est qu’il sait manier habilement l’hypnose et un clair-obscur vampirique, contaminant. Le titre suivant, "Starfire", se veut plus éthéré dans son ossature. Plus lumineux que les autres de l’album, grâce notamment à l’apparition du chant clair de Ratatosk, il circonvolue autour de riffs racés étirés en longueur (peut-être un peu trop pour le coup) qui rappellent plus encore certaines idées du génial Dis Pater (MIDNIGHT ODYSSEY).

Embarqué dans ce voyage atmosphérique, céleste et lunaire, où la hauteur des montagnes culmine dans le silence sur le règne du temps, je me passe en boucle ce "Celestial Clear Moonlit". Une œuvre géniale de 2025, peu chroniquée, mais pourtant signée chez le très sérieux label Iron Bonehead Productions, qui a visé juste sur ce projet promis à un bel avenir. L’ancienne école du Black Metal transpire dans les veines de cet album. J’avoue être accroché à lui depuis un certain temps, j’espère lui rendre ce qu’il lui revient : un peu plus de lumière et d’auditeurs.

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