Accueil > Chroniques > The Howling Void - The Glow Of A Distant Fire
The Howling Void - The Glow Of A Distant Fire
Chronique par Storm - Publiée le 05/02/2026
The Howling Void - The Glow Of A Distant Fire
Note : 4.5/6
Genre : Funeral Doom Atmosphérique
Année : 2025
Label : Solitude Productions
Pays : États-Unis
Durée : 52:07
Tracklist :
1.
The Glow of a Distant Fire
17:55
2.
Towards a Storm-Cloaked Summit
15:17
3.
Tat Tvam Asi
18:55

Le Funeral Doom est un style qui vous absorbe les neurones autant que votre vitalité. Né dans l’ombre du Death/Doom dans les années 90, il se caractérise par ce ralentissement extrême des rythmes qui porte au cœur et l’envahit d’une atmosphère pesante, noirâtre et sombrement mélancolique. THE HOWLING VOID fait partie de cette génération d’auteurs – au même titre que les têtes de pont actuels : les Australo-Américains de MESMUR, les Ricains de BELL WITCH, les Canadiens d’ATRAMENTUS (son album "Stygian" a déjà cinq ans !), ou bien encore l’Espagnol ORNAMENTOS DEL MIEDO (dans une moindre mesure, certes !), ou les Finlandais de CONVOCATION qui, sans sourciller, continuent à nous faire éprouver leurs œuvres longues, introspectives et parfois angoissantes.

THE HOWLING VOID est, à l’inverse de bon nombre, très prolifique. "The Glow Of A Distant Fire" est déjà le neuvième album de Ryan Wilson, un Américain qui compose à tout va et dans des styles bien différents, parfois très éloignés du Funeral Doom. Il nous revient deux ans après le réussi "Into Darkness Ever More Profound", enfanté dans des limbes nappés de claviers envoûtants et tout près du point de rupture mental. Ce nouvel album, quant à lui, n’amènera pas la lumière salvatrice, même s’il s’avère plus éclatant et, malgré sa mélancolie tenace, "The Glow Of A Distant Fire" détient quelques reflets irisés miroitant à l’horizon, permettant de temps à autre de capter de la vie et de tenir bon, face au gouffre béant et affamé de la Mort.

Trois longs titres de plus de quinze minutes vont nous faire chanceler de par leurs émotions variées. En marchant le long de ce fil suspendu entre deux vallons et surplombant des paysages aux roches souriantes et acérées, écrasé par les riffs des guitares et les assauts nébuleux de quelques leads portés par la scansion pachydermique de la batterie, nous voilà atteints dans notre propre for intérieur. "Towards A Storm-Cloaked Summit" permet ce sentiment, cette impression diaphane, disparate, mouvante d’un aller-retour entre pulsion de mort et de vie. Résister ou succomber ? Tenir bon ou se laisser aller ? Marcher ou chuter ? Les quinze minutes de ce titre, le plus court des trois, vont agir comme une clepsydre sonnant au dernier grain de sable s’écoulant, l’heure du choix.

Là où le titre éponyme – qui introduit l’album avec ses dix-huit minutes captivantes – de par ses claviers moins mats, mais bien présents, son orgue funéraire ainsi que ces leads très beaux, revigoraient quelque peu nos frêles carcasses, "Tat Tvam Asi" (littéralement "tu es cela" en sanskrit) nous promet de toucher la beauté maladive avec son piano triste, ses claviers maudits, et sa guitare acoustique qui termine le titre sous la pluie lente et écrasante des riffs lourds dont la torpeur contamine nos neurones. Le growl ténébreux et discret de Ryan fait très bien son office en s’immisçant sporadiquement au sein des titres, puis en disparaissant pour de longues minutes, laissant ainsi courir la densité des riffs et des ambiances jusqu’à une certaine forme de paroxysme.

Ce nouvel album de THE HOWLING VOID est, ma foi, fort bien réussi. Comme à l’accoutumée dans le Funeral Doom, l’effet de surprise ou de contentement ne sont jamais immédiats mais demandent une certaine forme d’apprivoisement, de persévération et un nombre d’écoutes plus conséquent que la moyenne. Ayant suivi ces principes, je remarque qu’il dépasse d’une courte tête l’album précédent. Décidément, Ryan Wilson, en plus d’être un esthète, nous comble d’une très belle sortie de Funeral Doom, de quoi animer l’été sous de funèbres auspices.

67 lectures