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Veil Of Conspiracy - Shape Of Grief
Chronique par Storm - Publiée le 05/02/2026
Veil Of Conspiracy - Shape Of Grief
Note : 3.5/6
Genre : Doom/Death Atmosphérique
Année : 2025
Label : Autoproduction
Pays : Italie
Durée : 58:35
Tracklist :
1.
How Far Is the Light
06:20
2.
Nothing in This Sorrow
05:39
3.
Burden
05:31
4.
Distant Waves
06:51
5.
On Grey Fields
05:49
6.
Empty Shores
05:30
7.
In Misery Alone
04:40
8.
Ocean of Despair
04:49
9.
Endless Void Within
04:08
10.
My Eternal Grief
04:22
11.
Silent Dirge
04:56

Tout amateur de Doom/Death Atmosphérique est dans une quête éperdue de mélodies vertigineuses, promptes à la rêverie, et convoquant l’ombre noire et foudroyante de la mélancolie. Cette recherche fragile convoque en lui d’autres sentiments encore qui, s’ils ne l’apaiseront pas rapidement, permettront à ses pensées de flotter dans un brouillard pénétrant et réflexif. Ces individus ne sont pas foncièrement ce que l’on pourrait qualifier d’êtres dépressifs, mais ils aiment, dans leur introversion naturelle ou dans leurs excès du quotidien, chercher l’introspection, les moments de solitude, la réhabilitation de sentiments profonds incrustés dans les méandres de leur être.

Les Italiens de VEIL OF CONSPIRACY font partie de ces âmes errantes qui subliment leurs fragilités par le concours de la musique, art suprême d’expression, et ce depuis presque dix ans. Ce troisième album produit par le label belge Meuse Music Records vient nous percuter en ce début d’année par un Doom/Death grâcieux et douloureux qui nous émeut sans toutefois nous transcender à la première écoute. Cet album se caractérise par un équilibre entre mélodies raffinées, riffs lourds, et l’alternance d’un chant growlé et du chant clair de Nicola Belotti. Et si ce mélange pourrait nous rappeler les KATATONIA, THE MORNINGSIDE ou les SWALLOW THE SUN, nos Italiens s’en démarquent par des compositions arbitrées par des nuances subtiles d’une langueur tout à la fois gracile et évanescente.

Des titres vont porter l’album à son comble de beauté, je pense inévitablement aux trois premiers titres saisissants de beauté et concentrant/confirmant le savoir-faire des Italiens sur ce nouvel album. Notamment "Burden" qui, sous sa robe fragile et ses notes tristes et lourdes, nous plonge dans les tréfonds de notre histoire avec une délicate nostalgie. Le grain de la voix de Nicola Belotti, tant au niveau de son growl, de ses quelques screams, et de son chant clair, fonctionne parfaitement avec le riffing inspiré de la paire de guitaristes. J’apprécie aussi cette alternance entre des titres Doom/Death et d’autres davantage orientés vers le Metal Atmosphérique. Cela permet à ce "Shape Of Grief" de respirer et de rester varié, offrant ainsi plusieurs propositions, plusieurs prismes d’écoute possibles.

L’album est en effet assez long (près d’une heure) et comprend des titres plus inoffensifs qui peuvent atténuer l’attention et la concentration. Je pense notamment à "Ocean Of Despair", "Endless Void Within" et "Silent Dirge" qui, malgré leurs qualités techniques indéniables, n’ont pas le même poids émotionnel que les autres. Difficile aussi de trouver, hormis les trois premiers titres impeccables, des passages suprêmement entêtants et qui marquent dans la durée. Les Italiens de VEIL OF CONSPIRACY ont pourtant déjà bien mûri leurs arpèges plaintifs, ne serait-ce que si nous les comparons aux deux précédents albums. Le travail paie et, dans ce style exigeant (trouver des riffs densément riches émotionnellement n’est somme toute pas des plus aisés), l’arrivée de ce nouveau chanteur qui anime très « positivement » (façon de parler) "Shape Of Grief" est une vraie plus-value pour le groupe. Je garde donc un œil très attentif à la suite, la main sur le cœur.

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