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Vrdrbr - Mono | Tod
Chronique par Storm - Publiée le 06/02/2026
Vrdrbr - Mono | Tod
Note : 4/6
Genre : Black Metal
Année : 2025
Label : Kill Again Records
Pays : Allemagne
Durée : 35:13
Tracklist :
1.
Mono | Tod
06:25
2.
Dezembertraum
06:55
3.
Insomnie (Nachtangst)
05:12
4.
Abgrund
05:41
5.
Abschied
05:59
6.
30 Juli, bewölkt (Fäulnis cover)
05:01

L’esprit défunt de URFAUST ne sera jamais enterré et oublié. Des profondeurs des caveaux où l’ancien duo néerlandais aimait tant évoluer surgissent toujours et encore des groupes souffreteux, peinant parfois à trouver ou à retrouver la lumière, mais aussi d’autres habitués des lieux qui n’en ont toujours pas fini de sniffer les miasmes qui s’écoulent, de temps à autre, du marbre et de la pierre, suivant la fraîcheur des pelletées. BETHLEHEM n’est plus, DEINONYCHUS survit encore, malgré la maladie de Marco Kehren, THE RUINS OF BEVERAST signe son grand retour en 2026, tandis que d’autres se lovent toujours dans leur environnement luxueux, six pieds sous terre (salut à toi, VERDUNKELN ! Bien le bonjour, GRAUPEL !). Et puis, il y a aussi tous les hirsutes désespérés maniant la langue noirâtre des tréfonds qui ont décidé de passer à l’action : le projet VRDRBR est de ceux-là.

La compagnie de la vermine ou la visite des taupes vaut parfois bien mieux que le contact humain. Les Allemands de VRDRBR le savent bien et, d’ailleurs, depuis leur précédent album, que je vous avais sobrement chroniqué l’année dernière, le trio a peaufiné sa technique et arrache davantage de mélodies hantées, suintant le désenchantement d’outre-tombe et la mélancolie. VRDRBR progresse encore et nous offre un second album certes plutôt court (car, si l’on écarte "30 Juli, Bewölkt", le dernier titre, qui est une reprise par ailleurs intéressante mettant en lumière leurs compatriotes de FAÜLNIS, le groupe nous offre trente minutes de son), mais qui met un peu plus l’accent encore sur la désespérance et la souffrance ("Mono | Tod" schlingue le mal-être existentiel et la torpeur), et certains titres s’en font l’écho admirablement.

Je pense par exemple à "Dezembertraum" et son riffing percutant, ses leads transpirant la fièvre et les déchirements internes, ses rythmes syncopés et sa basse délicieusement audible et vrombissante. Les vocaux torturés de T. n’ont certes pas la portée de IX (URFAUST), mais ils restent baignés d’émotions lugubres et attristées qui ont cette saveur savante sachant faire de l’effet. "Insomnie (Nachtangst)" est également sulfureux et vous enchantera (façon de parler…). À nouveau, les leads proposés fonctionnent, le riffing excrète une forme de beauté tourmentée dont le seul dessein est de vous hypnotiser. Plutôt énergique, le titre se fourvoie, au fur et à mesure de la répétition de certains de ses motifs sonores, dans la noirceur et la désolation. Enfin, je vous parlerai de "Abgründ", l’acmé et la très bonne surprise de l’album. Un titre coriace du côté de l’abrasion, avec ses rythmes écrasants, son ambiance lourde et l’écoute religieuse que l’on peut en faire. Comme un DØDSFERD englué dans la guigne et l’envasement, "Abgründ" est un titre saisissant, qui vous tiendra compagnie, la faux entre les dents, dans votre propre chute mentale.

En réécoutant ce "Mono | Tod", nous ne faisons pas qu’apercevoir la progression des Allemands. Du côté des ambiances, des mélodies, mais également du chant, le groupe a mûri et affirme encore davantage la place qu’il mérite aux côtés des autres arrachés de la scène du Black Metal à tendance suicidaire. Mais attention, ne vous méprenez pas : VRDRBR ne produit pas un album de DSBM à la petite semaine sentant le désordre amoureux juvénile. Non, les Allemands sont de dignes héritiers d’URFAUST. Et cela en est plus flagrant encore avec "Mono | Tod". Nous sommes très loin des mièvreries. La malaisance de cet album s’exprime bien mieux et avec une inspiration qui se confirme. J’ai hâte d’entendre la suite, moi, je vous le dis. Notez bien : VRDRBR !

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