Après la demie-molle provoquée par le dernier album pas inoubliable de THE HAUNTED, sorti il y a quelques jours, il était temps de retrouver un peu de vigueur, nom de nom. Et à ce petit jeu-là, ce sont assurément les Américains de WARBRINGER qui vont s’y coller pour notre plus grand plaisir avec un septième album, pas bas du front pour un sou, mélangeant davantage la technicité mélodieuse d’un Mélodeath inspiré avec la vigueur d’un Thrash savoureux, énergique, où règnent des guitares captivantes.
Il est clair que "Wrath And Ruin" donne envie de bouger et d’aller bousculer son voisin, histoire d’aller lui coller la tronche par terre. Mais WARBRINGER ne produit pas que ce dessein, les Américains savent nous faire vibrer avec une palette émotionnelle bien variée et peu commune d’ordinaire chez les copains. Un bon exemple ? "Cage Of Air", au final frissonnant, là où, par exemple, "The Sword And The Cross", le titre introducteur, met de suite les pieds dans le plat dès les premières secondes, en nous électrisant la nuque puis le cerveau de cette rythmique prête à en découdre.
Il n'est pas inutile d’insister sur le caractère varié et hétérogène de l’ensemble des titres, naviguant sur des flots parfois Heavy, tantôt frôlant les rives d’un Death un poil core ("Neuromancer"), ou bien encore celles d’un Thrash mélancolique au mid-tempo et aux leads à vous arracher le cœur ("Through A Glass, Darkly"). Diantre que c’est beau et bien foutu, bordel ! J’avais émis quelques réserves au départ concernant le chant de John Kevill, que je trouvais un peu éreinté… avant de m’attirer les foudres de mon comparse Sam, lors d’une balade nocturne dans une forêt égarée il y a une grosse poignée de semaines, l’enceinte à la main droite et la canette de bibine à la gauche.
Il avait raison le bougre, les Ricains de WARBRINGER étaient loin d’enfoncer des portes ouvertes, et le chanteur, s’il n’allait pas être consacré chanteur de l’année, envoyait aussi bien l’eau du bain et le gosse avec. Enfin donc, l’année 2025 nous honorait d’un album de feu… et il s’était fait attendre, notamment depuis la belle sortie hivernale du dernier VOIDFALLEN. Le voilà donc, "Wrath And Ruin", le teigneux, le mélancolique… Aaaahhh ça fait trop du bien de terminer cette chronique au doux son du titre ultime qu’est "The Last Of My Kind". Magique !