Fuath - III
Chronique par Storm - Publiée le 06/02/2026
Fuath - III
Note : 4/6
Genre : Atmospheric Black Metal
Année : 2026
Label : Northern Silence Productions
Pays : Royaume-Uni
Durée : 42:53
Tracklist :
1.
The Cailleach
12:51
2.
Embers of the Fading Age
07:47
3.
Possessed by Starlight
08:48
4.
The Sluagh
13:27

Andy Marshall peut se réconforter, il a acquis une belle renommée depuis déjà plus d’une dizaine d’années. Oui, souvenons-nous de 2013 et de la sortie de l’album "Roots", sous le patronyme d’abord d’ÀRSAIDH avant que la mue ne se fasse rapidement sous l’étendard, cette fois persistant, de SAOR. Ce changement de nom a été décidé par Andy Marshall qui craignait beaucoup que l’on écorche ou que l’on orthographie mal « Àrsaidh », mot gaélique signifiant « archaïque ». Voilà pour la petite histoire. Pour revenir à ce projet pérenne du sieur — pas comme le fameux ASKIVAL dont les fans espéraient tellement une suite au très intéressant "Eternity" sorti en 2009 (déjà !) —, FUATH a toujours reçu un très bel accueil. Comme l’indique son titre, il s’agit du troisième album en un peu plus de dix ans.

Bien plus Black Metal quelque part (façon de parler) que SAOR, le projet FUATH circonvolue entre atmosphères ouatées et débordements agressifs contenus, grâce à une répétition de riffs savamment travaillés du côté de la mélodicité. Et c’est une constante depuis les débuts. L’emphase de la reverb, instruite sur les cordes, transmet ce côté enveloppant, Ambient et hypnotique aux titres longs, allant très souvent au-delà de la dizaine de minutes. Je dois dire que j’ai toujours été friand des travaux d’Andy Marshall, même si j’ai eu quelques déconvenues avec certains albums du projet SAOR (notamment "Forgotten Paths"). Du côté de ceux de FUATH, je garde un très beau souvenir du premier album, "I", sorti en 2016. En le réécoutant, je me suis surpris à de nouveau baigner dans ce coton atmosphérique majestueux au contact de titres tels que le splendide "Blood" et "Spirit Of The North", dont je ne peux que vous conseiller l’écoute. Le second album, "II", déclinait un style certes toujours bien inspiré, mais plus conventionnel et moins vaporeux.

Cette fois, à l’instar de "I", ce nouvel album, composé de quatre titres, se pare d’ambiances plus atmosphériques et rêveuses et, à l’image de cette très belle pochette de l’artiste roumaine Luciana Nedelea (qui a signé toutes les covers de FUATH, mais également, cette année, celle très réussie du dernier MALACATH), nous traversons sans peine les pentes enneigées d’une vaste forêt sous la bonne latitude des étoiles. Le titre majestueux — et c’est peu dire — "Embers Of The Fading Age" va nous y convier par l’invitation de sa main bienfaitrice. En épousant ce riffing mélancolique, ces leads éthérés, ce jeu de batterie si simple et efficace, ainsi que ce chant doucereusement vociféré, un peu en arrière de la scène sonore, nous rentrons dans un songe profond qui s’épanche sur la réalité en la gorgeant d’énergies mystiques et nouvelles. "The Sluagh" est cet autre titre qui vaut sacrément le détour. L’identité singulière du riffing d’Andy Marshall s’y retrouve à nouveau portée par des changements de rythmes alternant entre lancinance et trépignation de blasts. Les treize belles minutes de "The Sluagh" vont nous embarquer dans un voyage émotionnel et introspectif à nous faire perdre la notion du temps.

Cette inspiration toujours brillante d’Andy Marshall, après le très bel album de 2025 de SAOR, "Amidst The Ruins", semble ne pas s’éteindre et cela me réjouit. Alors, si je ne vous ai pas parlé des deux autres titres qui composent cet "III", c’est que tous deux ne m’ont pas véritablement fait décoller à la même hauteur que les deux autres, même si "The Cailleach" m’a parfois rappelé certains motifs sonores de MIDNIGHT ODYSSEY (notamment le grain et le placement de voix d’Andy). Néanmoins, c’est un FUATH bien revigoré en mélodies majestueuses qui embrasse les premiers jours de 2026… En pouvait-il en être autrement ? Merci Andy.

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