Enregistré en avril 1997, quelques jours après le suicide du batteur et fondateur du groupe, Dan Vandeplas alias Cernunnos, à l’aube de ses vingt-six ans, le groupe, un peu chamboulé, décide de sublimer la tragédie en redoublant d’efforts et, en mémoire de leur batteur, utilise des pistes de répétition et engage un batteur de session. Sabathan, cofondateur de ENTHRONED et accessoirement ex-meilleur ami de Cernunnos, expliquera que l’émotion l’a littéralement enveloppé lors des séances d’enregistrement, mais que la fureur l’a également emporté.
Et si ce second album suit d’assez près "Prophecies Of Pagan Fire", ce nouvel opus s’avère pourtant un peu plus mélodique et structuré. Plus vif et agressif également, "Towards The Skullthrone Of Satan", si nous l’examinons de plus près, développe des titres très équilibrés au niveau de la vitesse des rythmes et de l’émotion des riffs. Des titres vont devenir des incontournables du groupe ; je pense par exemple à l’excellentissime "The Antichrist Summons The Flame", adoubé par les fans, et on le comprend. Ce titre, très accrocheur, en a pas mal sous la cuirasse et sa violence manifeste est mâtinée par les mélodies des riffs. Le titre suivant, "The Forest Of Nathrath", est également intéressant. Plus atmosphérique que tous les autres, il sème pourtant le chaos sous la mitraille des rythmes et les lignes sombres des guitares.
Et n’omettons pas de parler de la très belle intro de "Dusk And Forgotten Darkness". Rappelons-nous de "Throne Of Purgatory", présent sur l’un des premiers samplers de Metallian (le volume 6 pour être exact). Hé ouais, c’est le titre le plus court de l’album : le fanzine essayait toujours de caler le maximum de trucs sur son CD et choisissait délibérément les titres les moins à rallonge. Souvenir, souvenir… Enfin bref, j’essaie de ne pas sombrer dans la nostalgie, mais ce disque ne m’aide pas. Au regard de la scène belge du Metal extrême, cet album est un disque important. Au regard de son époque, il l’est tout autant. Il possède une identité propre. Les vocaux acérés de Sabathan sont reconnaissables entre tous et le riffing de Nornagest est aussi plus inspiré que ceux de Tsebaoth.
La tonalité guerrière et furieuse des débuts de ENTHRONED est ici, avec "Towards The Skullthrone Of Satan", légèrement gommée par endroits. Plus varié et carré que le premier album, il reste un must du genre et fait partie de ces albums qui ont sacrément passionné toute une génération de minots acnéiques ou libres de sébum. Il n’a pas tant que cela vieilli, d’ailleurs, preuve s’il en est qu’il restera un album puissant, qui relate très bien son époque au travers de son univers, de ses ambiances et de la typicité de son son.