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Old Sorcery - The Outsider
Chronique par Storm - Publiée le 08/02/2026
Old Sorcery - The Outsider
Note : 5/6
Genre : Ambient Black Metal/ Dungeon Synth
Année : 2026
Label : Avantgarde Music
Pays : Finlande
Durée : 01:11:26
Tracklist :
1.
Magick Triumph
20:12
2.
Barrowgrim Asylum
07:49
3.
Innigkeit
07:58
4.
The Interior Gates of the True Soul
13:25
5.
The Pain Threshold
04:50
6.
Where Sorrow Reigns
17:12

En découvrant ce projet pas si nouveau que cela, puisque les premières ébullitions de cette émanation datent de 2017, vous serez embarqués à gagner l’humus de forêts espiègles, peuplées d’esprits malins, voire hostiles, bien acquis à la cause d’une Nature dévorante et habitée. Formé par un seul homme répondant au doux nom de Vechi Vrăjitor, acteur important de la scène finnoise au sein de WARMOON LORD, et officiant également dans différents projets obscurs mêlant Dungeon Synth, musique synthétique, Prog Rock des 70s et musique de BO de films d’horreur ou fortement teintée de Synthwave toute 80s, le projet OLD SORCERY est aussi mystérieux que cette pochette d’album nous laisse le présager. Cet artiste finlandais ne se limite donc pas au simple carcan du Black Metal : il explore, comme d’autres auparavant (les DEPRESSIVE SILENCE, les WONGRAVEN, les NEPTUNE TOWERS… entre autres...), les contrées tentaculaires de l’underground du Rock de jadis et du Metal secret.

Cette fois, avec OLD SORCERY, c’est une aventure pourtant plus froide et extrême qui vous attend. Mélangeant atmosphères « médiévalisantes », artefacts curieux et Black Metal, "The Outsider" accomplit le rêve d’un PAYSAGE D’HIVER et d’un EPHELES, dans une certaine mesure, en faisant régner une hypnose ambiante, un syncrétisme bigarré de volutes symphoniques, ainsi que des ambiances oniriques et irréelles, traversées de riffs mêlant apesanteur et vertige. De plus, il vous faudra vous armer de temps, car ce cinquième album en demande, et ce, à plus d’un titre. Par sa durée d’abord, puisque "The Outsider" culmine à plus d’une heure de musique, avec des titres parfois bien étendus dans le temps ("Magick Triumph" fait plus de vingt minutes, "Where Sorrow Reigns" en compte dix-sept), demandant une attention soutenue ; mais également par ce besoin de faire bonifier l’album par un nombre important d’écoutes afin de faire surgir tous ces petits détails invisibles qui hypnotisent votre conscience et la rendent captive.

Avec un mur sonore empli de riffs neigeux, aussi dense que la plus épaisse tempête, une transe infernale va s’agréger lentement, inexorablement, et prendre le pas sur tout le reste. Certains titres y parviennent aussi de manière détournée, à la faveur d’un changement de rythme soudain, laissant apparaître un paysage sonore totalement envoûtant. C’est le cas, par exemple, de "Barrowgrim Asylum" qui, après deux bonnes minutes d’intense Black Metal, va subitement laisser poindre un break enchanteur avant de reprendre un ultime galop, pour finalement laisser un passage en mid-tempo baigner votre cerveau magiquement jusqu’à la fin du titre. Mais il y a également beaucoup, beaucoup de choses à dire sur tous les autres morceaux de l’album… Alors je n’omettrai pas de vous dire que "The Interior Gates Of The True Soul" est certainement l’acmé de l’album, selon moi. Cette ballade entrelaçant Dungeon Synth, nappes de claviers lumineuses et Black Metal est du plus bel effet. Et puis, un dernier mot, pour être un peu plus exhaustif : je dirai que ma préférence, entre les deux longs titres de l’album sus-cités plus haut, va à "Magick Triumph", bien plus immersif et surprenant, tandis que "Where Sorrow Reigns" lorgne davantage vers des atmosphères d’Ambient Black « à la DARKSPACE ».

Pour ma part, il m’est difficile d’exprimer l’exact ressenti que j’éprouve concernant cet album. Il s’agit, en tous cas, d’un réel coup de cœur. Pour votre gouverne, sachez qu’il est le second d’une trilogie conceptuelle, nommée "Masks Of The Magi", et démarrée avec "The Escapist" en 2025. "The Outsider" narre une histoire basée sur les royaumes déchus et les magies anciennes. Bien que plus violent et agressif que l’album précédent, force est de constater que Vechi Vrăjitor continue, avec "The Outsider", à privilégier l’émotion et la texture sur l’intensité brute. Utilisant les claviers comme des moyens narratifs valorisant l’imaginaire et le mystère, notre cher Finnois nous offre, avec cet album, une expérience immersive et introspective puissante. Un plaisir à écouter sans modération.

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