Accueil > Chroniques > Mayhem - Liturgy Of Death
Mayhem - Liturgy Of Death
Chronique par La Bête du Blizzard - Publiée le 13/02/2026
Mayhem - Liturgy Of Death
Note : 1/6
Genre : Black Metal
Année : 2026
Label : Century Media Records
Pays : Norvège
Durée : 48:54
Tracklist :
1.
Ephemeral Eternity
06:47
2.
Despair
06:41
3.
Weep for Nothing
07:04
4.
Aeon's End
04:56
5.
Funeral of Existence
05:56
6.
Realm of Endless Misery
04:57
7.
Propitious Death
05:05
8.
The Sentence of Absolution
07:28

Suite au départ du guitariste Blasphemer, qui s’était très dignement acquitté de la tâche de succéder à Euronymous, l’arrivée du multi-tâches Teloch a coïncidé avec un nouveau paradigme pour Mayhem en tant qu’entité : exit les légendes noires des années 1990, exit la passion expérimentatrice des années 2000. Et bienvenue à une forme de plus en plus assumée de pantouflage. Pantouflage est mon propre terme ; les plus polis diraient professionnalisation. Il est facile de faire une analogie avec un groupe installé comme Behemoth, mais, à la différence des Polonais, Mayhem a toujours proposé un album différent, qualitatif, possédé et inspiré dans les années 2000 : Grand Declaration of War, presque indus et martial ; Chimera, injustement décrié mais si personnel et vénéneux, tandis qu’Ordo Ad Chao expérimentait jusqu’à paradoxalement offrir un digne successeur à De Mysteriis Dom Sathanas.

Blasphemer s’en est allé, un autre guitariste est arrivé. Aussi talentueux soit-il, Teloch s’est reposé sur des sonorités préétablies, des habitudes et un mode opératoire formalisé. La chiantise s’est substituée au génie expérimental. Malgré une thématique travaillée et une écriture très carrée, Esoteric Warfare ne sort pas du lot. Sans folie ni surprise. À peine sorti avec un line-up tout frais, il sent déjà la naphtaline, et ce doux parfum d’Ehpad ne disparaît pas avec cette exploitation commerciale et publicitaire de leur période noire. Rééditions de lives mille fois entendus et inédits mille fois publiés sur bootleg, Mayhem prouve qu’il n’a plus de colonne vertébrale, si ce n’est des souvenirs qu’il ressasse.

Cet historique est essentiel à l’appréciation du présent objet. Il permet de le comprendre pour ce qu’il est : un album à oublier sitôt écouté, mais aussi comme une conclusion définitive à quarante ans de carrière. Car s’il peut encore enregistrer et tourner, nous parlons d’un cadavre qui n’a plus rien à dire.

Parlons peu, parlons bien, parlons musique : il n’y a rien à dire sur Liturgy Of Death, absolument rien, si ce n’est qu’il s’inscrit dans la parfaite lignée de Daemon, que j’ai déjà chroniqué en ces termes : lassant, propre, qui finit par sentir le formol. À peine l’album terminé que l’on a déjà oublié chaque titre, chaque riff, tant c’est fade et stérile. On reconnaît le riffing typique tout en tremolo, mais sans flamme, sans passion. On retrouve une production carrée, mais étrangement molle. La pochette renoue avec le gore de Deathcrush, mais nous renvoie, durant l’écoute, un inconfortable sentiment de placidité.

Bien fait ? Peut-être, on s’en fout, on n’est pas ici pour juter sur du formalisme. Bien exécuté ? On s’en fout, encore une fois. Ce ne sont que des gimmicks. Et ce n’est pas avec cela, même si pas désagréable en bouche au demeurant, que j'irais jicler la moindre semance de plaisir après un quart de siècle dédié à l'art noir.

Liturgy Of Death aura été le dernier album dont j’attendais encore vaguement quelque chose quant à la direction musicale de Mayhem. Ce n’est plus chié dans le sang, c’est un délivrable entre deux réunions Teams. Mayhem est mort.

 

34 lectures