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Dark Tribe - In Jeraspunta - Die Rückkehr der tollwütigen Bestie
Chronique par S. - Publiée le 12/02/2026
Dark Tribe - In Jeraspunta - Die Rückkehr der tollwütigen Bestie
Note : 5/6
Genre : Black Metal
Année : 2004
Label : Black Hate Productions
Pays : Allemagne
Durée : 46:18
Tracklist :
1.
Nothing as Darkness
04:02
2.
The Seed
04:54
3.
The Unknown Light
07:39
4.
Crimson Storm
04:34
5.
Iron Grave
03:42
6.
Burning Hate
04:49
7.
The Seed Is Rising
05:29
8.
Die Rückkehr der tollwütigen Bestie
03:59
9.
In Jeraspunta
07:10

Nous sommes en 2004. Jacques Chirac déroule un second mandat, on envoie des wizz sur MSN Messenger et on use d’astuces pour rester sous les 160 caractères dans les échanges de textos sur son Nokia 3310. Glorieuse époque pour nous autres quadras, où la quête de nouveautés musicales était encore une épreuve, bien que l’essor d’Internet facilite les découvertes, sans pouvoir écouter l’album au préalable. C’est le temps des « samples », extraits audios de quelques dizaines de secondes disponibles sur le site du label, accompagnés d’une description sans fioriture : une seule phrase, avec des mots triés sur le volet, permet au lecteur de se faire une idée assez claire du contenu. C’est ainsi qu’au hasard de déambulations numériques, je tombe sur ce In Jeraspunta, de Dark Tribe. Le label, Black Hate, indique « that is dark, morbid, radikal, psychotic and hatefull ». Il n’en faut pas davantage pour me convaincre. La commande est immédiate.

Quelques semaines plus tard, l’objet convoité se trouve enfin dans mes mains. Livret minimaliste, où la luminosité réduite au minimum rend difficile la lecture des quelques textes ou de discerner les photographies. Clairement, l’objectif ici n’est pas de faire un quelconque étalage d’art visuel.

Niveau construction, les Allemands ne s’embarrassent pas non plus avec une introduction ambiante ou mystique, que la plupart d’entre nous zappe à chaque fois. Non, dès les premières secondes, Dark Tribe entre dans le vif du sujet et met l’auditeur dans ce bain à la substance poisseuse. Un châtiment qui va durer trois quarts d’heure. D’entrée de jeu, un coup de boutoir se déploie pour montrer que le duo n’officie pas dans le Black Metal d’opérette. Ici règne la démence dans ce qu’il y a de plus extrême et clinique : les vocaux sont totalement possédés, l’individu paraît rongé par l’aliénation tant les litanies n’ont plus rien d’humain ; les guitares dégagent tellement une odeur de rouille que le tétanos est partout ; la batterie constitue un matraquage permanent. Le tout est sublimé par des compositions psychotiques, noires et déjantées.

Vous l’aurez compris, In Jeraspunta est l’incarnation même de la folie la plus outrancière. Chaque titre révèle un peu plus l’esprit perturbé des géniteurs, ces derniers s’essaient même à des expérimentations inattendues, comme intégrer un saxophone de temps à autre, curieusement du plus bel effet. Plus les minutes défilent, plus la descente dans les enfers de l’esprit est inexorable. Un délicieux calvaire dont le nectar abreuve jusqu’à l’ivresse absolue.
Quand retentissent les dernières notes, les oreilles sifflent, sonnées par ce déferlement de violence hystérique. Quelle intensité ! Quelle expérience !...

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