J’espère que vous aimez le conservatisme dans le black metal car, malgré sa courte discographie, le Suédois de Black Circle vous en fera manger ! Conservatisme thématique, conservatisme sonore, conservatisme musical et conservatisme visuel. Vous êtes en terrain connu : la production se situe entre les premiers Burzum mais surtout Judas Iscariot, une gravures du XVIIIe siècle comme c'était le cas avec un album de black metal sur deux entre 1999 et 2006, emballé, c'est pesé.
Vous pensiez Judas Iscariot le summum dans le genre du black metal qui n’a pas bougé depuis 1993 ? Black Circle en est une copie dans le propos, dans la forme aussi, mais en encore plus fruste et décharné. Production encore plus minimale, riffs encore plus balisés, voix fatiguée, ambiance du bout du chemin : The Distant Wind... est un album peu expansif et surtout peu gratifiant. Il n’offre rien de plus que la première écoute ; c’est terne et gris.
Une ambiance certaine s’en dégage néanmoins. On ressent un dégoût formel, une fatigue profonde, vraiment palpable. Cet effort, pourtant signé chez l’excellent Total Holocaust, n’en est en rien une franche réussite, mais sa fadeur assumée en devient presque charmeuse, son décharnement languissant.
Vous n'êtes toujours convaincu ? L'homme derrière ce projet aura également officié chez Svartr Strijd, projet de black metal mélancolique, écorché et acéré, aux riffs poignants, dont je vous conseille la compilation regroupant les seuls enregistrements de la formation, une poignée de démos.
Parfait pour un dimanche vide à ressasser en regardant la pluie tomber par-delà une vitre crasseuse.