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Raventhrone - Malice In Wonderland
Chronique par Storm - Publiée le 19/02/2026
Raventhrone - Malice In Wonderland
Note : 4/6
Genre : Symphonic Gothic/Black Metal
Année : 1998
Label : Avantgarde Music
Pays : Autriche
Durée : 40:49
Tracklist :
1.
Obsidian Horizon (The Infinite Azure)
05:10
2.
Raventhrone
04:56
3.
Malicia the Third (Empress of Insomnia)
05:21
4.
Malice Garden
04:38
5.
Ode to All Brave
03:25
6.
The Three-Faced King of Dominion One
03:25
7.
The Stargazer (Chastise the Absolute)
04:10
8.
Crépuscule
03:28
9.
Vision Dementia
04:08
10.
Final Farewell (A Voyage in Cm)
02:08

Le sieur Pazuzu, de son vrai nom Raymond Wells dans la vie, s’était illustré quelques années auparavant avec son projet PAZUZU, mais plutôt du côté de l’insatisfaction. Même les copains Silenius et Protector avaient décidé de claquer la porte à un moment donné, lassés par cet Ambient bancal et la personnalité pénible de Ray Wells. Et on leur pardonne aisément, le projet SUMMONING devait irrémédiablement les occuper encore quelque temps, avec une dose de succès, disons, pour le dire gentiment, plus importante. Mais, si le sieur Wells se voulait imbuvable, tous ses projets ne méritaient pas non plus les oubliettes pour autant. Car il en est un qui se doit d’être écouté : il s’agit de RAVENTHRONE. Avant que ce projet ne tourne casaque avec le second et ultime album, "Endless Conflict Theorem" (ok, j’exagère un peu), et ne se fourvoie dans un Gothic Metal beaucoup trop sirupeux, il y eut "Malice In Wonderland".

Certes, ce Gothic/Black Metal bien symphonique n’est pas un exemple de rustrerie, il abonde surtout en son sein de passages atmosphériques majestueux et captivants. Les claviers sont narratifs et fortement connotés de sonorités médiévales, le chant clair est bien plus présent que ne le sont les parties vociférées, et les ambiances lorgnent du côté de l’Heroic Fantasy, ou de quelque chose y ressemblant. Les titres restent en majorité assez magnétiques, avec des passages bien entêtants et variés. Les claviers, bien mis en avant, ont cette faculté de nous embarquer dans cet univers d’un autre temps, et le riffing, pas en reste, anime les reliefs et les recoins des titres de très belles notes. Entre du Dungeon Synth et du Gothic Metal, et parfois sous la bourrasque de quelques passages Black Metal, "Malice In Wonderland" propose des structures progressives polymorphes bien fichues.

Il en résulte de très bons titres. Je pense par exemple au premier d’entre eux, "Obsidian Horizon (The Infinite Azure)", qui, dans sa grande agilité, nous partage des ambiances teintées de Dungeon Synth qu’éclaire la voix claire et romantique de Ray. Le beau travail accompli sur les riffs exhausse le tout et c’est un voyage empli de rêverie qui s’agite tout du long dans notre tête. Écoutez donc également "Malice Garden", qui, sur ses abords un peu kitschissimes, introduit un peu de Black Metal teinté de médiévalisme, pour mettre en image une ultime joute. Et puis n’omettez pas de jeter une oreille aux deux titres instrumentaux que sont "Ode To All Brave" et "Final Farewell (A Voyage In Cm)", qui vous feront penser à certains passages du "Dol Guldur" des compatriotes de SUMMONING. Les plus nostalgiques se souviendront de "Crépuscule", un morceau chanté en français, plutôt bien écrit, notamment au niveau des paroles, et présent sur un sampler d’un vieux Metallian. Cependant, je concède que la seconde moitié de l’album n’égale pas la fastueuse première.

L’album s’essouffle donc un peu et quelques titres tournent également en rond. Il y a comme un air de redite et il est probable que vous soyez moyennement embarqué par "The Three Faced King Of Dominion One" (un poil caricatural), ou bien encore "The Stargazer (Chastise The Absolute)" ; néanmoins, chacun d’entre eux comporte quelques passages intéressants. Rien n’est à jeter au final, et Ray Wells démontre qu’avec ce "Malice In Wonderland", il est un compositeur talentueux. Exit les mauvaises expériences de son autre projet Ambient, PAZUZU, RAVENTHRONE remet les pendules à l’heure. Les amateurs d’étrangeté à la GOLDEN DAWN (période "The Art Of Dreaming") – d’autres Autrichiens également –, ou bien encore des premiers travaux de MORTIIS, ainsi que de ceux de DEPRESSIVE SILENCE, trouveront de quoi certainement se nourrir. Mais n’oubliez pas non plus les éléments gothiques bien prégnants sur cet album, notamment au travers du chant, qui colorent et bigarrent cette musique rare, parfois expérimentale, et qui passe encore très bien les ultimes épreuves du temps.

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