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Diabolus, Mecum Semperterne! - Diabolus, Mecum Semperterne!
Chronique par J. - Publiée le 23/02/2026
Diabolus, Mecum Semperterne! - Diabolus, Mecum Semperterne!
Note : 6/6
Genre : Black Metal
Année : 2026
Label : Terratur Possessions
Pays : Norvège
Durée : 44:18
Tracklist :
1.
Praeludium
01:33
2.
Ab Illo Benedicaris, in Cujus Honore Cremaberis
10:01
3.
Interludium
01:03
4.
Diabolus Sit in Corde Tuo, et in Labiis Tuis, ut Digne et Competenter Annunties Evangelium Suum
05:42
5.
Interludium
01:17
6.
Gratias Agamus Domino Infero Deo Nostro
09:45
7.
Interludium
01:17
8.
Revelabitur Gloria Domini
07:04
9.
Postludium
06:36

La Norvège restera à jamais dans mon cœur comme cette contrée distante, immaculée, glaciale et nocturne où les fjords sempiternels et les forêts titanesques viennent étreindre la voûte céleste. Le black metal se fond à merveille dans ce tableau, si l'on imprègne en arrière-plan une théophanie scénique : Diabolus, Mecum Semperterne! se révèle à nous !

Les apôtres régissant cette congrégation s'illustrent dans d'autres sanctuaires comme Misotheist, Whoredom Rife, Manes et Djevel. Grâce à leur foi inébranlable, leur première relique, sous ce nouveau sceau, est mise en lumière en 2026.

Diabolus, Mecum Semperterne! est une véritable célébration de culte ; l'opus met l'accent sur la sacralité et la liturgie. Dès les premières notes, l'ambiance est cathédralesque, on est directement happé par la profondeur et la résonance des cantiques. La musique est diffuse et enveloppante, elle nous transporte dans la nef ! Et quand j'écris cela, ce n'est pas juste une image, car le ressenti est similaire. C'est quelque chose de résolument solennel.

Diabolus, Mecum Semperterne! érige le fond et la forme se révèle d'elle-même. J'en parlais dans ma chronique précédente à propos d'un célèbre groupe norvégien : la forme est l'élément façonné par les musiciens et le fond est souvent inexistant, comme une manifestation du silence artistique. Diabolus, Mecum Semperterne! se fraye donc un chemin à contre-courant et nous guide vers la transcendance.

Diabolus, Mecum Semperterne! réduit nos croyances à néant avec son black metal rapide, intense et canonique, supplanté de chœurs fantomatiques et de nappes d'orgue discrètes et sibyllines. La force ténébreuse du quatuor se nourrit des corps de la crypte et s'infuse dans l'âme, tant elle est hantée. Les proclamations sont scandées depuis la chaire et l'offrande instrumentale émane de l'autel maudit. Le chant principal est terriblement incantatoire, il participe largement à ce déluge mortifère, noyé de blast beats et jonché de leads aux mélodies embryonnaires. Chaque hymne possède un sceau religieux ardent et s'inscrit comme un acte de foi.

Le souffle des tombes et les soupirs des sépulcres se font sentir jusque dans la production, spontanée et maîtrisée. Rien ici n'est juxtaposé ou non cadré. Les sonorités sont abyssales et brumeuses. Il n'est donc pas étonnant que les ambiances liturgiques façonnent l'ombre et servent de fil de providence à nos esprits déjà bien tourmentés.

Vous l'aurez compris, le jugement dernier approche. Diabolus, Mecum Semperterne! nous baptise et ses premières louanges consacrent un black metal sans concession. La flamme murmure dans la nuit, brisant le silence des ténèbres. Les hérauts de l'apocalypse sont là et il faudra désormais se fier à eux. Si le faux messie, la guerre, la famine et la mort sont parmi vos registres musicaux favoris, vous ne pourrez qu'apprécier les vestiges du gouffre. Il est donc temps de plonger dans l'abîme pour subir l'ire divine.

 

 

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