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Handful Of Hate - Soulless Abominations
Chronique par Storm - Publiée le 27/02/2026
Handful Of Hate - Soulless Abominations
Note : 4/6
Genre : Black Metal
Année : 2026
Label : Dusktone
Pays : Italie
Durée : 39:09
Tracklist :
1.
Libera Me
04:55
2.
Worlds Below
04:07
3.
Gall Feeder
04:04
4.
Winter March
05:58
5.
Age of Infamy (Grown in Starvation)
04:33
6.
Different - Distant - Apart
05:20
7.
Skinless Salvation
05:56
8.
Where Sanctity Rots
04:16

Eux non plus ne sont pas nés de la dernière pluie, puisque les Italiens de HANDFUL OF HATE sont actifs depuis le début des années 90. Nicola Bianchi, le guitariste-chanteur et fondateur de l’entité avec un certain Ugo Pandolfini (mort, le pauvre, en 1994 à l’âge de 17 ans d’une maladie), a déjà pondu de très belles idées avec le premier album "Qliphothic Supremacy", sorti en 1997, qui, avec un Black Metal plutôt rapide, conserve néanmoins cette patte italienne obscure si propre à cette scène de l’époque (OPERA IX, CULTUS SANGUINE, FUNERAL ORATION). Dès l’album suivant, "Hierarchy", avec sa belle pochette bien hideuse, les Italiens haussent le ton et se rapprochent des MARDUK, DARK FUNERAL et consorts, pour ne plus jamais trop quitter cette culture de l’ultra-rapidité et de l’agressivité féroce.

"Soulless Abominations" ne révolutionnera sans doute pas la planète Black Metal, mais ce huitième album en a dans le calbar, et c’est peu dire. Attendez-vous à une belle déflagration bien puissante et d’une bellicosité sans faille. J’ai comme l’impression que le groupe a sacrément lâché les chevaux. Autant le dernier album en date, "Adversus", sorti en 2019, comportait déjà quelques titres fameux et d’autres moins passionnants, autant celui-ci concentre une énergie qui pourrait être créditée au centuple. Blasts dévastateurs et rythmes sacrément costauds, mitraille rutilante de la basse, leads de grande classe et jeu vocal de Nicola Bianchi congruent au possible avec l’ambiance furibarde de "Soulless Abominations". Le genre d’album qui vous donne l’énergie de déchirer votre journée en vous regonflant les pectoraux et en vous forçant à serrer les poings pour ne pas trop aisément sortir la boîte à claques à la première frustration.

Il est vrai que quasiment quarante minutes sous le feu absolu de la guerre sonore constituent un marathon pour les oreilles. Il se peut que les vôtres cherchent également un petit coin de répit pour se ressourcer un peu, mais HANDFUL OF HATE a aussi prévu cela : "Winter March" est un titre instrumental plus doux par endroits et surtout juste superbe du point de vue émotionnel et musical. La voilà donc, cette parenthèse enchantée, ce drapeau blanc temporaire entre deux assauts incontrôlables. Et j’ai envie de vous dire que cette proposition plus calme et mélodieuse donne sacrément envie d’une double ration. Oui, car l’excès de brutalité a parfois ses revers, et justement il y en a quelques-uns sur cet album. Certains titres vont passer et ne point trop vous hanter, sans jamais, par ailleurs, nous décevoir. Aucun des huit morceaux de cet opus n’est médiocre ; tous comportent leur lot de leads intéressants et bien inspirés. Tous impressionnent par leur grande technicité – le batteur est un monstre, soit dit en passant – mais certains peuvent paraître plus conventionnels. "Soulless Abominations" n’est très certainement pas un album que l’on peut balayer d’un revers de main si on l’écoute de manière attentive.

"Libera Me", "Different - Distant - Apart", ou bien encore "Skinless Salvation" sont des titres assez monstrueux, franchement bien composés et qui, avec cette production bien travaillée et proprement léchée dans tous les coins, sonnent comme de très bons bulldozers sonores. Voilà, vous savez à peu près tout de cet album rutilant. Voilà déjà plus de trente ans que Nicola Bianchi fomente un Black Metal aussi intense que misanthropique, que certains brocarderont comme du MARDUK ou du DARK FUNERAL-like. Vas-y Nicola, ne te gêne pas, envoie plusieurs de tes missiles dont tu as le secret dans leurs petites gueules de juges hâtifs et suffisants. Car, en effet, la touche italienne, mélodique et obscure est bien plus présente que chez nos amis suédois, qui ont par ailleurs parfois bien failli dans l’exercice. Malgré l’instabilité constante du line-up qui a traversé toutes les époques de HANDFUL OF HATE, ce huitième album sonne de manière très mature et nous en donne assez pour notre argent.

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