Je vous ai introduit ce projet finlandais dans les dignes pages de ce webzine avec le dernier album, "The Outsider", sacrément intéressant avec son abord suffisamment Black Metal qui encourage cette découverte bien imprégnée par les ambiances médiévales et les tours de garde d’un Dungeon Synth immersif. Avec "The Escapist", c’est dans des boucles sonores synthétiques assez cinématographiques que nous baignons. Du reste, Vechi Vrăjitor, notre sorcier finlandais, ne cache pas son amour pour les bandes sonores des films médiévaux et fantastiques des années 80, au bon vieux temps où certains artistes tels que TANGERINE DREAM signaient la musique (c’est le cas du film "Legend" de Ridley Scott ou de "The Keep" de Michael Mann), enveloppant ainsi certaines scènes de boucles hypnotiques et hypnagogiques.
Avec cette pochette kitsch, qui aurait pu me rappeler "Les Histoires du père Castor", nous plongeons tête bêche dans des sonorités oniriques aux tessitures éthérées et toujours synthétiques. Ce sont des déterminants assumés de OLD SORCERY que nous allons embrasser avec "The Escapist", tatoué de temps à autre par des claviers New Wave des années 80. En écoutant cet album, j’ai aussi pensé à V-KhaoZ, cet autre Finlandais original, au sein d’un de ses projets, DRUADAN FOREST. Car si l’on s’attarde sur le dernier album en date, "Dismal Spells... Part II: The Night Circus", force est de constater que lui aussi est mû par son amour de la Berlin School, ou de la Kosmische Musik, comme on peut également l’appeler.
Je suis, pour ma part, toujours très friand de cette musique, de ces longues plages sonores au son séquencé, spatial, aux atmosphères planantes et introspectives, aux séquences répétitives, aux motifs hypnotiques nourris à grand renfort de synthétiseurs analogiques (Moog, ARP, EMS). Alors j’ai plutôt de quoi me sustenter avec cet album de OLD SORCERY qui introduit une trilogie nommée "Marks Of The Magi" et dont "The Outsider" est déjà le second chapitre (les deux albums sont sortis à trois mois d’intervalle). Pour en apprécier tout le suc profond et transdermique, j’ai procédé à un grand nombre d’écoutes nocturnes pour qu’intimement j’en ressente le voyage. Pour tout dire, certains titres m’ont absolument captivé, d’autres m’ont davantage laissé de marbre. J’ai particulièrement apprécié l’esprit SUMMONING-ien de "Voynich", quoique la mélodie principale m’y ait trop fait penser. J’ai été embarqué sereinement dans les volutes psychédéliques d’"Immortal Passion", qui est d’ailleurs le seul titre comportant quelques grésillements de guitare, ainsi que dans celles de "The Badger-Folk Moot", un titre très intéressant pour les rêveurs.
En écoutant "The Escapist", j’ai envie de penser que OLD SORCERY est taillé pour faire des BO de films. Vechi Vrăjitor a les épaules et le talent pour concrétiser et amalgamer à nouveau – car "The Hand Of Merlin" est un album produit pour le jeu PC du même nom – toutes ses passions (Black Metal, Berlin School, cinéphilie…). C’est ce que je lui souhaite. Pour revenir à cet album, je reste un peu sur ma faim, car j’ai toujours un peu de mal à déceler le fil rouge qui fait tenir ensemble tous les titres. Son écoute n’est point désagréable, mais je n’ai jamais réussi à plonger dans la rêverie de manière intense et prolongée.