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Vaakevandring - Vaakevandring
Chronique par Storm - Publiée le 12/03/2026
Vaakevandring - Vaakevandring
Note : 5/6
Genre : Symphonic Black Metal
Année : 2004
Label : Momentum Scandinavia
Pays : Norvège
Durée : 21:07
Remarques : EP
Tracklist :
1.
Fader vaar
06:39
2.
Some Day
04:19
3.
Og sorgen stilnet i smertens vann
06:06
4.
To Find the Eternal Peace
04:03

Nos chers lecteurs savent tant nous apporter de par leurs cultures musicales qu’il nous sera toujours possible, jusqu’à nos derniers tremblements de doigts, d’écrire sur de la musique inconnue et de succomber à ces nouvelles curiosités. VAAKEVANDRING est intéressant de ce point de vue-là car ce groupe norvégien, à la discographie minuscule (une démo, un split et un EP, mais moins de dix titres au total au compteur, si l’on compte notamment les titres joués en live sortis sur un bootleg en 2001), a creusé sa place au sein d’une scène tout aussi malingre au départ : celle de l’UnBlack Metal. Au milieu des années 90, un Australien répondant au doux nom d’Anonymous (pseudonyme pris pour railler Euronymous) forme HORDE et engage le combat musical avec la scène satanique en publiant son unique album "Hellig Usvart" en 1994, et pose les premiers fondements de ce nouveau courant. Un poil caricatural et belliqueux, le projet s’avère un peu trop bas de plafond pour d’autres groupes émergeant et souhaitant propager la voie du Seigneur de manière plus philosophique et introspective. C’est dans cette mouvance de la fin des années 90 que vont apparaître les ANTESTOR, KEKAL, CRIMSON MOONLIGHT, SANCTIFICA, MORDECAI, LENGSEL ou autres VAAKEVANDRING.

VAAKEVANDRING est donc un de ces groupes militants (ils ont créé, en ces années-là, un conglomérat de groupes chrétiens, sous la bannière « Nordic Mission », pour favoriser la VPC, soutenir la scène, la promouvoir et assurer la distribution de tous ces groupes), qui peinent pourtant à trouver sa direction musicale à ses débuts. Le groupe change plusieurs fois de nom, ne sachant pas trop si la Pop leur conviendrait mieux (sous le patronyme de LOTHLORIEN en 1996), ou le Heavy (avec INERTIA), devenant par la suite un projet parallèle (SIGNUM CRUISIS), puis KORSTEN, pour finalement s’ancrer avec VAAKEVANDRING. En combinant de manière intelligente le Black Metal Symphonique avec des atmosphères épiques norvégiennes typiques d’un très bon Viking Metal de l’époque (BORKNAGAR, FALKENBACH) et des guitares bien mélodiques, le sextet s’arme de solides arguments pour dérouler une musique passionnante. Et vous aurez de quoi combler vos oreilles avec ce bel EP qui reprend et remodèle, avec une meilleure production et un mixage plus abouti, les titres composés pour leur démo éponyme sortie en 1999 et enregistrée par un certain Stian Aarstad, claviériste chez le DIMMU BORGIR de l’époque… dans le cadre de ses études d’ingénieur du son…

Et c’est du très sérieux qui vous attend, avec quatre titres fort bien soignés, aux nappes de claviers tantôt discrètes, tantôt bien plus projetées sur le devant de la scène, mais toujours essentielles au charme de cet EP. Le groupe a véritablement très bien peaufiné ces titres. Vous entendrez donc un "Fader Vaar" porté par une alternance de chant vociféré et clair, lui conférant une teinte mélancolique et atmosphérique enivrante, magnifiée par un très beau break lumineux à la guitare et aux claviers au milieu du titre (je ne vous dis que cela). Vous aurez aussi droit à un titre plus énergique et épique avec ce "Og Sorgen Stilnet I Smertens Vann" majestueux, dont le riff principal me taraude depuis que je l’ai écouté (il me fait penser bigrement à un autre titre de Black Metal, mais lequel ? Je m’en remets à vous, je suis sûr, chers lecteurs, que vous m’éclairerez et réparerez ce trou de mémoire, du moins je l’espère). En tout cas, j’ai comme l’impression qu’un MEPHISTOPHELES (période "Landscape Symphonies") s’est acoquiné avec un STORM (le fameux "Nordavind")… il y a quelque chose comme cela, j’apprécie beaucoup ce titre. "To Find The Eternal Peace" noue le dernier oracle de cet EP, avec un embonpoint marqué pour les volutes symphoniques graciles et un travail sur les leads assez remarquable.

Et puis, pour ceux qui auront dégotté une version différente de l’EP, vous aurez peut-être l’ultime surprise de découvrir un DARK FUNERAL/SETHERIAL symphonique lorsque surgiront les premières notes de "Fall Of Man", un titre qui apparaît sur le split "Come Armageddon" sorti en 2003 avec la dream team du Black à chapelet de l’époque. Enveloppé par un linceul symphonique, le titre explore pas mal d’ambiances intéressantes et son air à la DIMMU BORGIR est contagieux. Voilà, je m’arrête là-dessus. Vous savez à peu près tout sur ces Norvégiens qui ont rapidement cessé leur activité pour se concentrer, pour certains, sur une reprise d’études tandis que d’autres iront croiser le fer notamment au sein de ANTESTOR (pour deux d’entre eux). Un très bel EP dont le remaster n’était pas accessoire. Mais retenez bien que les compositions datent d’avant la fin du siècle dernier !

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