En faisant un bond artistique important depuis leur premier essai, les Suédois de EVERGREY prouvent une maturité déjà fort intéressante. "Solitude, Dominance, Tragedy" est produit par Andy LaRocque et, malgré sa courtesse pour un album de Metal Prog, la densité des compositions est telle, et l’instrumentation riche, qu’il nous offre une palette d’émotions tout à fait exceptionnelle et bien évidemment bercée par la mélancolie, des riffs sombres, des leads lumineux tout aussi gothiques, le tout bien capté par des rythmes lents ou plus généralement en mid-tempo.
La voix de Tom Englund en possède d’ailleurs toutes les graines (fragilité, colère, résignation). Chargée de mélodie, elle scande cette tristesse poignante et cette quête d’espoir, la main sur le cœur et les doigts crispés. Les claviers, bien présents, sont tout aussi froids qu’enveloppants. Les guitares restent sombres et nous délectent de riffs teintés de nostalgie et d’une ambiance toute nordique.
De superbes titres vont émerger de cette nasse mélancolique pour en sublimer la beauté intime. Je pense aux magnifiques "Solitude Within", "A Scattered Me", "She Speaks To The Dead", "The Corey Curse". Que des titres tueurs, gorgés d’une tension émotionnelle forte qui sinue le long de vos blessures en rougeoyant implacablement. Magistral !