Tout groupe devrait avoir le même traitement de faveur, quand bien même il porte le nom d’un monument du Black Metal. Certes. Mais n’est point DISSECTION qui veut, la barre est franchement trop haute, alors il est bien vain d’espérer un revival intéressant, même s’il y a eu d’excellents albums, parfois très proches en termes de compositions (salut THULCANDRA !), qui s’y sont frottés plutôt avec succès. Mais il faut tout de même avoir un peu de cran et accepter de s’exposer aux comparaisons tranchantes, et ce one-man band bulgare le sait bien. Le type aux commandes est pourtant un vieux routard de la scène et a produit un nombre conséquent d’albums depuis le tout début des années 90, et ce, dans différents styles. C’est toujours plaisant de voir, et fort louable, tous ces compositeurs qui conservent la flamme depuis des décennies tout en naviguant toujours et encore dans l’underground.
NÖDVEIDT reste en tout cas un projet plutôt mineur, mais il est fort possible que l’ambition de Nikolay Velev, son compositeur, soit ailleurs. Après un second album, chroniqué en ces pages, sorti à la mi-2025, voilà que notre ami bulgare clôture l’année en nous présentant un EP. Dans la même veine que "The Birth Of The Dark Light", "Black Light Pantheon" nous propose un Black/Death Metal mélodique bien arrosé en riffs et où les leads jouent un rôle prépondérant. Comme à son habitude, en vieux routard de la scène extrême bulgare dont il doit être l’un des pionniers (le sieur est actif depuis 1992), Nikolay Velev invite pour chacun de ses titres un ami chanteur. Et ce n’est jamais désagréable de disposer de différents jeux vocaux ou d’une palette vocale pour faire exprimer les compositions. Avec une production un poil sourde, "Black Light Pantheon" ne renverse pas la table, vous l’imaginez bien, mais fait le job.
Alors vous trouverez de très bons passages qui défouraillent bien sur le titre éponyme et introducteur. Son riff central s’attache rapidement à vos neurones… qui en redemandent. La suite de l’EP pourrait comporter des hauts et des bas en termes d’originalité. Disons que vous serez très certainement davantage transportés par "The Veil", je pense, qui, avec un riffing bien émouvant, fortement teinté par la mélancolie, apporte un vrai plaisir d’écoute. Je serai, à l’inverse, moins dithyrambique pour les autres titres qui peinent vraiment à décoller et paraissent bien plus anecdotiques. Loin de moi l’idée de les négliger et de les trouver mièvres, mais à bien les réécouter, ils sonnent de manière un poil trop conventionnelle.
Un EP pas indispensable, certes, mais qui se laisse écouter. Impossible de ne pas passer un bon moment si l’on apprécie le Black mélodique, mais rien d’exaltant, exception faite pour "The Veil". Vu la cadence de composition de Nikolay Velev, il est à peu près certain que je vous reparlerai de ce projet et, qui sait, avec une excellente surprise à partager à la clef.