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Firienholt - By The Waters Of Awakening
Chronique par Storm - Publiée le 23/03/2026
Firienholt - By The Waters Of Awakening
Note : 5.5/6
Genre : Epic Black Metal
Année : 2021
Label : Naturmacht Productions
Pays : Royaume-Uni
Durée : 55:26
Tracklist :
1.
A Forgotten Legacy
10:28
2.
War of Wrath, War of Ruin
09:36
3.
Ashes of the Golden Hall
11:48
4.
Ruminations by Starlight
10:25
5.
The Whispering Shadow
13:09

À l’instar du suprême "The Lost Dimension" de DRUADAN FOREST, les Anglais de FIRIENHOLT ont bien été biberonnés aux œuvres charnières de Protector et Silenius et, plus largement, aux lectures du sieur Tolkien, c’est un fait. Mais lorsque l’on a dit cela, il est un peu langue de pute d’en faire un simple ersatz ou un appendice de plus collé au cul des Autrichiens. En se penchant correctement sur ce premier album, force est de constater que le rendu atmosphérique et épique reste singulier et d’excellent niveau, c’est peu dire. Vous n’y croyez pas sur le papier ? Je ne chercherai pas à vous convaincre plus que cela. Seule la quasi-heure de musique superbe de FIRIENHOLT remettra l’église au centre du village et apposera sa tempérance dans nos cerveaux.

Délicat et volontiers enivrant, ce premier album des Anglais discrets et mystérieux va, si les étoiles des émotions sont bien alignées chez vous, vous écarquiller les yeux et le cœur de sa grâce mélodique et de sa beauté atmosphérique. Chacun des cinq titres est une fresque représentant des paysages sonores souvent bardés d’émotions denses et profondes. Le projet FIRIENHOLT cherche avant tout l’élévation émotionnelle ou le repli introspectif, plutôt que l’agressivité. Plus contemplatif qu’un CALADAN BROOD, plus sensible qu’un SUMMONING, et moins guerrier et belliqueux, notre trio anglais ne fait pourtant pas du tout convoler sa musique vers les rives plus sucrées à la ELDAMAR & consorts, rassurez-vous. Son Black Metal est avant tout atmosphérique et épique. Le jeu des claviers est superbe et me rappelle celui de V-Khaoz sur l’album de DRUADAN FOREST déjà précité dans mon introduction.

Les chœurs, assez souvent utilisés, restent tous superbes et les chants clairs sont aussi de la partie. Ils nous embarquent admirablement vers la rêverie ou dans des recoins de notre pensée réflexive, nostalgique ou légèrement mélancolique. Tous les titres sont incroyables sur cet album et possèdent cette majesté magnétique. Ils s’accrochent à vous, tels des bras fraternels et salvateurs. Si je devais concéder un bémol, je l’attribuerais au second titre, "War Of Wrath, War Of Ruin", qui est traversé par des nappes de claviers à la LUSTRE dont je ne suis pas le plus grand des fans. Mais cette critique est mineure, puisque ce titre décolle et renverse la barre vers la cinquième minute pour muer vers des séquences sonores plus immersives et passionnantes jusqu’à sa toute fin. Concernant les autres titres, il m’est impossible d’en préférer l’un plus que l’autre. "A Forgotten Legacy" est une aventure en soi et reste le morceau le plus épique de l’album. Il ancre d’emblée "By The Waters Of Awakening" dans une esthétique narrative très forte, telle une bande-son d’une épopée ou d’un univers parallèle dont nous aurions seuls la clef.

"Ashes Of The Golden Hall", "Ruminations By Starlight" et "The Whispering Shadow" (pardonnez-moi de les citer tous, mais ils le méritent tellement) sont de vrais contes sonores majestueux, cérémoniels et généreux en lyrisme, tels des chapitres encore à écrire par l’imagination. Ma préférence ira peut-être pour le dernier, qui ferme la marche d’une quasi-heure exceptionnelle de Black Metal épique et atmosphérique. FIRIENHOLT est, avec cet album, vous l’aurez compris, dans mon panthéon personnel du Black Metal épique, aux côtés de CALADAN BROOD, DRUADAN FOREST, ERED WETHRIN, ou de BELORE et FORGOTTEN WINTER. C’est ainsi : j’aime tant et tant ce style si souvent galvaudé par certains (salut à vous EMYN MUIL, KEYS OF ORTHANC, MOONGATES GUARDIAN… et bien le bonsoir), que je suis pris de passion lorsqu’un groupe s’extirpe magnifiquement de la masse ou de la nasse (rayez la mention inutile). Et le trio anglais confirmera également toute la beauté de son savoir-faire sur les deux albums qui suivront, même si ce premier essai reste le plus prodigieux de tous.

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