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Bloody Valkyria - Requiem: Reveries Of The Dying
Chronique par Storm - Publiée le 10/04/2026
Bloody Valkyria - Requiem: Reveries Of The Dying
Note : 5.5/6
Genre : Epic Melodic Black Metal
Année : 2026
Label : Northern Silence Productions
Pays : Finlande
Durée : 53:38
Tracklist :
1.
Symphony of Silence
13:40
2.
Life's Worth
03:43
3.
Always
09:32
4.
Mending Through Suffering
09:02
5.
When Everything Feels Like Nothing
05:00
6.
Longing
02:10
7.
My Beloved North
10:31

Jere Kervinen et son projet BLOODY VALKYRIA ont désormais une place non négligeable au sein de la scène du Black Metal. Et ce n’est pas un hasard. Notre cher ami finlandais nous livre, depuis les débuts de son aventure, des albums de grande qualité et ce troisième album n’y fait pas défaut, bien au contraire. Dans les aspérités majestueuses du Black Mélodique teinté d’atmosphères épiques, le prédécesseur, "In Our Home, Across The Fog", avait monté la barre assez haute, tant la vélocité des guitares et l’immersion des claviers tenaient la dragée haute à toute concurrence. Cette fois-ci, c’est un autre reflet qui nous éblouit, une autre facette que nous découvrons de BLOODY VALKYRIA, celle d’un Black Metal Atmosphérique hanté par des paysages sonores luxuriants et oniriques.

"Requiem: Reveries Of The Dying" change de ton et se veut beaucoup plus introspectif et mélancolique. Les ambiances SUMMONING-iennes ou à la CALADAN BROOD sont toujours présentes, quoique en moindre quantité et de manière plus discrète, mais la mélodicité et l’incisivité des guitares ont été galbées, dévoilant un peu plus encore la grande virtuosité technique de Jere Kervinen et laissant deviner également son amour passionné pour le Heavy Metal. Ce nouvel opus s’est ainsi densifié et complexifié tout en jouissant — ce qui n’est que justice — d’une production bien plus précise et claire. De ce côté également, Jere Kervinen a peaufiné ses gammes et sa dextérité s’est améliorée. Oui, le sieur ne sait pas qu’être multi-instrumentiste, il s’occupe à peu près de tout le reste. Notons également cette belle pochette signée Silvana Massa, qui nous avait déjà comblés d’une superbe peinture pour le précédent album. Du reste, ce chevalier blessé et agonisant illustre et épouse tout à fait la thématique de l’album, autour des ultimes pensées, des dernières émotions d’un homme en train de mourir et revisitant sa vie.

Comme un processus de deuil s’accomplissant (le déni, la colère, la nostalgie, l’acceptation) et progressant à travers chacun des titres, "Requiem: Reveries Of The Dying" nous offre une véritable aventure sensorielle. Bien moins emphatique que l’album précédent qui, avec son côté épique et plus flamboyant, avait tendance à nous enrôler aisément dans un univers plus fantasy, celui-ci nous installe lentement mais puissamment dans les bras de la mélancolie. Sa richesse atmosphérique, grâce à l’apport de claviers superbes et de leads finement dentelés, déborde de toutes parts. Chacun des titres regorge tant et tant de passages grandioses et émouvants qu’il est difficile de ne pas s’accrocher, plus qu’outre mesure, à cet album. "Requiem: Reveries Of The Dying" est si délicatement composé, les transitions entre les titres si discrètes, que j’ai comme l’impression de n’écouter qu’un unique long titre chapitré comme un livre autobiographique.

Vous trouverez donc de superbes immersions rêveuses, sondant le tréfonds de votre âme, remuant vos tempêtes internes et nourrissant votre esprit comme rarement des albums savent le faire. J’y ai retrouvé des accents des plus belles saveurs de SAOR ou de FELLWARDEN, de ces disques qui vous font ployer le genou et contempler la beauté invisible, qui n’est autre que celle de votre cœur. "Always" et "When Everything Feels Like Nothing" sont beaux à pleurer, tant leurs motifs nous aimantent constamment par leur profondeur émotionnelle. Le titre final "My Beloved Earth" et le titre introductif "Symphony Of Silence" le sont tout autant, avec leurs passages fragiles, leurs ascenseurs émotionnels magnétiques, leurs motifs cristallins portés admirablement par le jeu vocal riche et envoûtant de Jere Kervinen. Non, il m’est difficile de trouver un quelconque défaut à cet album tant il sait nous embarquer intelligemment dans un voyage permanent.

Je n’en attendais pas mieux et il est probable que j’aurais été moins enthousiaste si l’album avait finalement pu ressembler d’un peu trop près à l’excellent "In Our Home, Across The Fog". Notre cher Finlandais n’est donc pas tombé dans ce piège. Sa science technique et son parcours musical très certainement riche et complexe ont permis à son projet, BLOODY VALKYRIA, de franchir une nouvelle dimension. Du talent pareil, cela ne s’entend pas tous les quatre matins, soyons clairs et sérieux là-dessus. Nous pourrions chipoter du côté de la batterie, mais elle a été également soigneusement programmée. Alors à quoi bon bouder son plaisir ! Écoutez-moi donc cette merveille, c’est made in Finland, cela vous étonne-t-il encore ? Plus qu’un pays, c’est un Eden pour le Metal extrême. En attendant, vous savez ce qu’il reste à faire. J’aimerais être plus directif encore, mais je sais bien que les gredins au fond de la classe que vous êtes et qui me connaissent un peu m’auront compris.

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