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Neptune Towers - Transmissions From Empire Algol
Chronique par Storm - Publiée le 12/04/2026
Neptune Towers - Transmissions From Empire Algol
Note : 4/6
Genre : Dark/Ambiant cosmique
Année : 1995
Label : Moonfog Productions
Pays : Norvège
Durée : 34:58
Tracklist :
1.
First Communion. Mode: Direct
23:10
2.
To Cold Void Desolation
11:48

Après avoir dépassé, depuis des lustres, les ultimes vents solaires, quittant ainsi l’héliosphère et appelant du fond du cœur à ce que les sondes Voyager rejoignent le royaume, la civilisation Algol, aussi chimérique soit-elle, adressait des signaux cosmiques transcendantaux captés par quelques volontés humaines. Ces transmissions mentales interstellaires, et peut-être même intergalactiques, ont pu être déchiffrées grâce à leur traduction par des claviers analogiques. Et c’est là que Fenriz, que l’on ne présente plus, joue son rôle dans cette tentative de connexion conscientisée et cette interprétation toute personnelle.

"Transmissions From Empire Algol" est le second chapitre de ce projet d’Ambient astral qui nous ramène valeureusement aux heures hypnotiques et hallucinées des 70s grâce notamment aux travaux importants et psychédéliques des défricheurs de sonorités synthétiques et spatiales que sont les Allemands de TANGERINE DREAM, ou bien encore certains travaux de Klaus SHULZE, de Michael HOENING, d’Edgar FROESE, ainsi que de Richard PINHAS au sein de HELDON, et également du plus méconnu Didier BOCQUET. Quelques fragments supplémentaires produits par Fenriz — qui ne verront sans doute jamais le jour au sein d’un troisième opus — sont pourtant écoutables à la faveur de la réédition produite par Peaceville Records en 2012 ; ils sont au nombre de cinq, se nomment "Excerpts From 'Space Lab'" et totalisent environ quinze minutes de son.

Pour en revenir à ce second album de NEPTUNE TOWERS, sorti via la crèmerie Moonfog Productions (le label de Sigurd Wongraven alias Satyr), notons qu’il se libère un peu plus encore que son prédécesseur de ses quelques oripeaux « métalliques ». L’opus plonge grâce à ces longs drones de synthés répétitifs, très lents et souvent sans attaque marquée. Les sons sont noyés dans de larges réverbérations, donnant cette impression d’infini. Des bruits sourds, des grondements, des textures bruitées fluides disparaissant et réapparaissant via des modulations lentes sont les accompagnateurs des deux titres de "Transmissions From Empire Algol". Le premier d’entre eux, "First Communion. Mode: Direct", est une plongée absolue dans le déchiffrage ambitieux de ces signaux bruts au sens inconnu. Marqué par les drones, ce titre est beaucoup plus opaque et sombre que ne l’est le second. Des artefacts industriels peuvent même, de temps à autre, s’y entendre. Tout au long de cette expérience sonore de plus de vingt-trois minutes, quelques notes d’orgue cosmique, balayées et malmenées par les vents solaires, laissent aussi place à des sonorités voyageuses et colorées.

"To Cold Void Desolation" est plus court et œuvre bien plus dans des bulles sonores que n’auraient pas reniées Klaus SHULZE. Plus dynamique et texturé également, cet ultime titre est aussi le dernier appel d’Algol, et en cela il endosse également toute une dramaturgie tant mélancolique qu’inquiétante avec ces effets sonores disparates, refluant vers l’infini ou se cognant de manière microcosmique dans notre cerveau baigné de rêverie… En tout cas, une nouvelle fois NEPTUNE TOWERS arrive à nous faire embarquer dans une expérience sonore attachante et curieuse. Si ma préférence va davantage au premier album, c’est aussi que "Caravans To Empire Algol" est davantage tourné vers une forme de Noise nébuleuse et de Dark Ambient labyrinthique mais aussi plus lisible.

L’histoire retiendra que, grâce aux royalties touchées après l’enregistrement du premier album de DARKTHRONE, Fenriz s’offrira un synthétiseur lui permettant de replonger dans les univers de sa prime adolescence biberonnée notamment par le "Timewind" de Klaus SHULZE et les premières compositions de Jean-Michel JARRE. NEPTUNE TOWERS verra donc le jour, et ces deux albums sont les témoins de cette période fructueuse, très DIY, où Fenriz expérimentait librement et à tout-va pour apaiser sa créativité.

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