Accueil > Chroniques > Iron Firmament - In the Land of Pre-human Kings
Iron Firmament - In the Land of Pre-human Kings
Chronique par La Bête du Blizzard - Publiée le 13/04/2026
Iron Firmament - In the Land of Pre-human Kings
Note : 4.5/6
Genre : Raw Black Metal / Ambient
Année : 2026
Label : Vermignosis
Pays : États-Unis
Durée : 42:10
Tracklist :
1.
The Coast of Worlds
07:14
2.
Purged of All Southern Influence
04:16
3.
Blue Blades Flame and Crimson
06:52
4.
Atlantis in Permafrost
03:47
5.
Laughter of the Stormlashed Forest
05:20
6.
In the Land of Pre-human Kings
14:41

Nous sommes en 2026 et lorsqu’un groupe que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam m’est présenté avec les qualificatifs « raw black metal dungeon synth folk lo-fi et tutti quanti », mon cerveau développe un instinct de conservation. J’ignore, je passe à autre chose, je tends à réécouter une valeur sûre. La course à la crasse sonore au sein de cet aréopage de projets bedroom black metal m’a un temps agacé, avant de devenir une présence visuelle que mes yeux trient désormais comme inapte à la découverte. Tant d’albums, si peu de temps. Et j’ai raison 99 % du temps.

Vous l’aurez compris, cette fois-ci j’ai tort et nous sommes avec Iron Firmament dans la marge d’erreur du pour cent restant ; je serais d’ailleurs passé à côté de deux albums et quatre EP auparavant. Fondé au pied des montagnes et forêts verdoyantes de l’État de Washington, le duo stable est à l’origine d’une production régulière représentant un univers thématique et sonore riche. Dark fantasy, crânes et atmosphères crépusculaires de ruines éternelles sont au rendez-vous.

Et cet univers est particulièrement réussi, y compris sur le plan musical. Je pourrais vous décrire sur des paragraphes entiers leur black metal plus diversifié qu’il n’y paraît, abondamment aéré de passages ambient/folk simples mais richement évocateurs, nous ramenant aux belles lectures des aventures de Conan le Cimmérien aux éditions Bragelonne. Outre les interludes instrumentaux, les titres développés sont longs, de sept à quatorze minutes. Mélodiques et épiques, les riffs alternent entre blasts inspirés et mid-tempo qui prennent aux tripes et que l’on n’oublie pas de sitôt (le passage à 2:47 sur « The Coast of Worlds », notamment). L’ensemble des compositions rappelle volontiers les années 1990 dans leur variété, n’hésitant pas à faire intervenir des réminiscences thrash metal, voire death, comme pour boucler la boucle d’un hommage à la seconde vague du black metal tout en développant leur propre univers. J’en suis personnellement conquis, pensant parfois aux grandes heures de Moonblood, époque « Blut Und Krieg » notamment.

Côté production, il n’est pas faux de parler de raw black metal. Il faut toutefois préciser que, tout en conservant une rugosité sonore certaine, les mélodies épiques ne se noient pas dans un maelström informe et que la distinction entre les instruments demeure suffisamment claire pour installer efficacement ces ambiances d’outre-monde antique dégénéré.

Je m’attendais à un album passe-partout et oubliable. Il n’en est rien. « In The Land of Pre-human Kings » est une sortie solide, d’une étonnante fraîcheur.

34 lectures