Klävitt, Klävitt... Skogen Evigt Eka - Dvälj I Dunklets Skogar
Chronique par Storm - Publiée le 18/04/2026
Klävitt, Klävitt... Skogen Evigt Eka - Dvälj I Dunklets Skogar
Note : 4/6
Genre : Ambient Black Metal
Année : 2025
Label : Mysticism Productions
Pays : Suède
Durée : 44:28
Tracklist :
1.
Eko av mystikens stig
00:58
2.
Sotsvarta skugga
06:26
3.
Nattens dunkla lågor
06:09
4.
Grå är slöjan av min sorgs längtan
06:40
5.
Vandring genom urskogens öppning
01:39
6.
Hädanfärdens urklang
06:58
7.
Svepning i frostnatt
06:02
8.
Sumpmarkens uppenbarelse
06:24
9.
I dimman, flammors öde
03:12

Cela faisait un petit temps que Swartadauþuz n’avait pas repris ses droits en ces pages. C’est chose faite avec le second album de son projet plutôt Ambient KLÄVITT, KLÄVITT... SKOGEN EVIGT EKA. Évidemment, vous aurez remarqué mon obstination (déraisonnable ?) à écrire quelques avis dès lors que le sieur suédois, si mystérieux soit-il, daigne sortir un album. Album qu’il a très certainement enfanté dans le secret absolu des forêts suédoises. Toujours aucune promotion à l’horizon ni à venir, ni renseignement quelconque, pas même une photo plus nette ou un indice sérieux, Swartadauþuz reste attaché à ne rien laisser transparaître de ce qu’il est, quand bien même il jouisse dorénavant d’un statut important au sein de la scène actuelle du Black Metal. Ces œuvres et la myriade de projets qu’il continue à faire perdurer ne sont guère plus portées que cela au travers de leur distribution et sûrement pas, en premier lieu, par son auteur. Swartadauþuz laisse ainsi ses albums au bon soin du temps qui passe et qui efface, mais également aux quelques chroniques et parutions émaillant de ci et de là, sans jamais prêter attention au sort qui leur est réservé.

Ce détachement maintient et opacifie son œuvre à un degré élevé. Swartadauþuz produit, avec une constance qui force le respect, une myriade de riffs et d’ambiances, aisément reconnaissables, toujours intéressantes, quels que soient le projet dont ils émaillent. "Dvälj I Dunklets Skogar", littéralement "Vivre dans les forêts sombres", est un énième opus gorgé d’ambiances spectrales et nocturnes. Plus Black Metal que le premier album, récemment chroniqué en ces pages, et bien plus que la démo "Urskogen" – un must-have de musique lugubre et d’Ambient mystique, que je vous conseille fortement –, ce nouvel album est une émanation contagieuse et terrifiante d’atmosphères immersives et maléfiques. Véritable promenade solitaire et désincarnée, les titres de "Dvälj I Dunklets Skogar" sont une collection de motifs sonores plus hypnotiques les uns que les autres.

Le jeu vocal de Skrikets Spelmän aka Swartadauþuz participe grandement à cette immersion dans les nappes de brouillard ténébreuses et confusionnantes d’une forêt bizarre et avide de faire perdre tout repère à celui qui la foule. Le placement des mots vociférés augmente cet effet mystique et nocturne. Les leads tremblotants et le mid-tempo des rythmes accroissent également, à leur façon, cette ambiance terriblement crépusculaire et étrange. L’écoute de ce "Dvälj I Dunklets Skogar" doit s’effectuer d’une traite, afin de respecter son voyage et de s’assurer d’un véritable lâcher-prise. Car c’est ce que cet album demande pour en apprécier tout le suc vénéneux et se laisser envoûter. Il est donc quasi impossible de mettre en avant certains titres, tant ils semblent indissociables les uns des autres. KLÄVITT, KLÄVITT... SKOGEN EVIGT EKA rejoint donc MUVITIUM dans les projets supra-immersifs de Swartadauþuz.

Avec "Dvälj I Dunklets Skogar", ce projet franchit un cap évident, s’éloignant sensiblement des premières esquisses plus brutes et ésotériques du projet pour embrasser une vision bien plus immersive et maîtrisée. Là où Swartadauþuz posait jadis des fondations encore mouvantes, il érige ici une œuvre dense, habitée, presque organique, où chaque nappe sonore semble respirer au rythme d’une forêt nocturne impénétrable. L’album s’impose comme une errance dans des bois anciens, baignés d’ombres épaisses et d’étrangeté sourde, où le silence lui-même devient une présence. Ce caractère profondément forestier, presque mystique, confère à l’ensemble une dimension hors du temps, renforcée par une noirceur diffuse et insidieuse. KLÄVITT, KLÄVITT... SKOGEN EVIGT EKA ne se contente plus d’évoquer : il enveloppe, il égare, il absorbe, faisant de cet album une expérience sensorielle aussi obscure qu’envoûtante.

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