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Bael - Bleeding for Him
Chronique par La Bête du Blizzard - Publiée le 29/04/2026
Bael - Bleeding for Him
Note : 4/6
Genre : Black Metal / Raw Black Metal
Année : 2003
Label : D.U.K.E.
Pays : France
Durée : 11:22
Tracklist :
1.
L'offrande
02:50
2.
Raping the Gift from Heaven
02:39
3.
Le règne du sang
03:22
4.
Ma destruction
02:31

« Court et efficace ». Si l’on devait résumer la longue carrière de Bael en deux mots, ce seraient bien ceux-ci. Actifs pendant quatorze ans, les Nancéiens ont sorti six démos, trois EP et deux splits, avec l’insigne honneur de partager leur galette avec Armagedda, Secrets of the Moon ou encore les légendes Krieg. Pourquoi cette chiante énumération discographique d’entrée de jeu ? Pas un seul album, pas même une démo, ne dépasse les trente minutes. Durée moyenne : quinze minutes. Court. Et efficace.

Quatorze ans d’activisme au service de l’Art Noir, avares en interviews, rares mais qualitatives signatures chez Battlesk’rs Productions, Sombre Records et le cultissime D.U.K.E. du regretté Kurgan : notre trio parle peu, mais parle bien. Actifs dans la scène souterraine du Grand Est, les Lorrains se sont illustrés dans les pages aujourd’hui oubliées des années 2000 avec Ensamhet et Dark Opus, qu’il serait par ailleurs judicieux de ressortir de la poussière.

« Bleeding For Him » : quatre titres pour onze minutes, pesé et emballé. Pas d’introduction cache-misère ; les premières secondes donnent le ton avec une violence sauvage qui peut surprendre ceux qui ont l’habitude d’une bonne séance de vaseline avant toute séquence saturée. Riffs simples et casse-nuque dans la grande tradition de ce black metal sans concession, comme si Krieg avait enregistré un album sur répondeur avec le son le plus cru possible. Sauvage et agressif, pas une seule seconde ne laisse entrevoir un apaisement de la tempête de crasse.

Même lors d’un semblant de break, lors d’une illusion de mid-tempo, ni le souffle de haine ni la tempête de crasse ne diminuent en intensité. Tout est laid, constamment saturé de saleté. C’est la folie furieuse de la première à la dernière seconde. Une haine fielleuse, emplie de souffle démoniaque. Un glaviot, éclair brun et gras.

Superbe catharsis s’il en est, Bael réussit fièrement son pari puis s’en va. Et il s’en va pour de bon. Car entendons-nous : si nos activistes s’en sortent avec les honneurs pour nous déclarer la guerre, ils ne savent pas occuper un territoire, fût-il de fumantes ruines, sur le long terme. C’est mon seul grief, et il est tout à fait personnel, contre Bael.

J’aime ces panoramas du Chaos originel, noirâtre et brut, propres au black metal. Un Chaos palpable, mais néanmoins trop furtif et évanescent pour que j’y revienne encore et encore. L’écoute restera donc occasionnelle, en dépit du plaisir qu’elle me procure, et Bael ne restera pas dans mes annales.

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