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Immolation - Descent
Chronique par La Bête du Blizzard - Publiée le 07/05/2026
Immolation - Descent
Note : 5/6
Genre : Death Metal
Année : 2026
Label : Nuclear Blast
Pays : États-Unis
Durée : 41:35
Tracklist :
1.
These Vengeful Winds
04:04
2.
The Ephemeral Curse
03:57
3.
God's Last Breath
04:22
4.
Adversary
03:17
5.
Attrition
04:44
6.
Bend Towards the Dark
03:56
7.
Host
04:12
8.
False Ascent
03:49
9.
Banished
03:17
10.
Descent
05:57

Quatre ans d'attente, c'est long. Quatre ans, c'est une éternité quand il s'agit d'un album d'Immolation en gestation. À peine "Acts Of God" digéré, l'attente d'un nouvel opus est déjà engagée ; l'adulateur s'en trouve alerte et fébrile. On sait que cela prendra du temps, mais la même tension persiste, la même question se pose : continueront-ils sur le chemin de l'excellence, du haut de leur trône régnant sur une scène death metal aussi vivace que qualitative ? Céderont-ils à la routine, à la facilité ? On sait qu'Incantation, par exemple, en a terminé avec sa période d'or, tout comme Suffocation. Sans rien enlever à la qualité de ces derniers, la passion n'est plus tout à fait la même. Mais le quatuor de New York persiste et signe : chaque album est un grand album de death metal, malgré la semi-déception de "Kingdom of Conspiracy".

Le lecteur de cette chronique se doute que j'évoquerai une continuité qualitative avec cette cuvée 2026, mais il convient tout d'abord de préciser qu'il s'agit du premier album, en plus d'un quart de siècle, à changer de producteur. Exit Paul Orofino, présent depuis "Failures For Gods" en 1999, et bienvenue à Noah Buchanan et Justin Passamont, qui épaulent un Zack Ohren déjà présent depuis "Majesty & Decay" en 2010. Ce renouvellement se traduit par une production plus lisible, plus équilibrée. On peut maugréer sur la batterie, dont j'eusse préféré un rendu plus organique, mais le résultat général allie puissance rythmique et intelligibilité des dissonances. On perd en mystère ce que l'on gagne en efficacité directe.

Parce qu'il y a deux façons de considérer "Descent". La première consiste à constater une constante exigence à délivrer un death metal aussi impérial qu'implacable. Les riffs — mais quels riffs ! On reste dans l'écurie Vigna : dissonants, complexes mais lisibles, touchant au but dès les toutes premières écoutes. Comme toujours avec ce guitariste, pas une seule seconde d'autosatisfaction maniérée sur son manche, nous sommes ici sur de la vraie virtuosité. Steve Shalaty suit et réplique derrière les fûts, proposant de concert des changements de rythme bienvenus, tandis que les guitares alternent entre tension véloce et lourdeur entraînante. Un death metal fluide, avec ce qu'il faut de passages casse-nuque pour y revenir souvent. Osez me dire que la dernière minute de "Bend Towards The Dark" ne donne pas envie d'être réécoutée en boucle !

Toutefois, en considérant l'œuvre sur le temps long, une ombre voilée d'inquiétude apparaît. Depuis "Majesty & Decay", Robert Vigna est seul aux manettes de la composition. Si j'adore passionnément son travail guitaristique et considère Steve Shalaty comme un batteur particulièrement efficace, ni ce dernier ni Ross Dolan, pourtant présent depuis quasiment quatre décennies, ne participent plus au processus créatif d'un album d'Immolation. Ce n'est pas en soi un drame, mais un regard distancié permet de constater des titres un brin moins diversifiés que sur "Unholy Cult", moins rugueux et tourbeux. À l'exception d'un morceau plus fouillé et long comme "Descent", les compositions de Vigna tendent vers la répétition d’un certain pattern depuis quelques années. Qu'on s'y entende : c'est toujours incroyable, il y a des passages bœufs, des envolées de leads dantesques, mais la pleine surprise, elle, est franchement absente.

Un début de routine ? En ne l'espérant pas.

 

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