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SolNegre - Anthems For The Grand Collapse
Chronique par Storm - Publiée le 12/05/2026
SolNegre - Anthems For The Grand Collapse
Note : 4.5/6
Genre : Doom/Death Atmosphérique
Année : 2026
Label : Meuse Music Records
Pays : Espagne
Durée : 41:50
Tracklist :
1.
The Axiom - Song for the Inert Part II
09:00
2.
The Hollow Inside
07:45
3.
For All That Could Have Been
09:19
4.
In the Stillness of the Womb
06:14
5.
A Path of Aloneness (IandII)
09:32

Je suis enfin décidé à écrire quelques mots sur cet album à la beauté noire et douloureuse qui m’a accompagné secrètement et intimement depuis plusieurs semaines. M’est-il nécessaire de m’en séparer en produisant cette chronique ? Certainement pas. Second album des Baléares, "Anthems For The Grand Collapse" est une collection de titres variant entre luminosité irradiante et ténèbres mélancoliques. Leur Doom/Death Atmosphérique se teinte parfois d’éléments Funeral, avec quelques volutes d’éther qui subliment le tout. Et, comme tout bon disque de ce style, il donne accès à une forme de beauté faisant remonter des profondeurs internes une foule d’émotions enfouies, des souvenirs chéris ou douloureux aussi, mais il permet également d’entamer un processus de réflexion sur des sujets qui vous préoccupent dans le présent.

Et SOLNEGRE est imparable sur cette voie-là. La langueur sublime de ces rythmes, l’incroyable richesse mélodique de ces leads, mais aussi la grâce de la palette vocale de Ûkh — et de ses nombreux invités — entament les hostilités crépusculaires, font tournoyer les tourments de la pensée et entraînent l’âme et l’esprit à circonvoluer dans des cieux nuageux. La production assez exemplaire de l’album nous permet de profiter de tous les détails. La clarté de la voix et la belle puissance rythmique agrémentent l’album d’une scène sonore large et profonde, faisant glisser notre conscience dans la contemplation avec précision et justesse. Cinq longs titres habillent "Anthems For The Grand Collapse", qui bénéficie également du beau travail artistique d’Hans Trasid pour la pochette. Au-delà de la mélancolie majestueuse de l’album, que l’on ne peut que saluer, je remarque qu’il se distingue aussi par son côté atmosphérique, l’appui des claviers étant tout sauf anodin.

Et cela renforce ce caractère désenchanté et lugubre à la tristesse proéminente des paroles. Les deux premiers titres touchent du doigt la perfection que l’on aime tant entendre dans le Doom/Death Atmosphérique. "The Hollow Inside" vous fera très certainement penser à un SWALLOW THE SUN au mieux de sa forme, là où certains leads me rappellent agréablement les belles compositions de Sergio Gonzalez Catalán au sein de RISE TO THE SKY. Les amateurs de Funeral Doom trouveront un peu plus leur compte à l’écoute du liturgique et lumineux morceau "For All That Could Have Been", qui s’empêtre dans une boue mortifère emprisonnant toute velléité de fuite. Et vous aurez droit à un titre plus gothique, mené par une chanteuse (Gadea Es Ineseta) et une violoniste (Núria Luis) que vous pouvez retrouver sur le dernier album d’ARCANA : "As Bright As A Thousand Suns".

Cette année, la moisson des très bons albums de Doom/Death Atmosphérique paraît s’annoncer prometteuse. Je note évidemment le "Timor Lucis" de POST LUCTUM, sorti également chez Meuse Music Records en ce début d’année, mais ce "Anthems For The Grand Collapse" se démarque un peu plus encore. Écoutez-moi donc ces trois dernières minutes splendides — et je pèse mes mots — du dernier titre de l’album, "A Path Of Aloneness (I&II)", et vous m’en direz des nouvelles. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant frissonné grâce aux derniers soubresauts d’un album, peut-être même depuis un certain "The Bells" de BLAZING ETERNITY. Juste, merci pour cela ! Au-delà de ses immenses qualités musicales, "Anthems For The Grand Collapse" est surtout de ces albums qui finissent par s’installer silencieusement dans votre quotidien, jusqu’à devenir presque nécessaires. Je ne sais pas encore si cette chronique me permettra réellement de m’en détacher, ni même si je le souhaite au fond. Mais une chose est certaine : rares sont les disques capables de provoquer un attachement aussi intime sans jamais sacrifier leur exigence artistique. Et pour cela, SOLNEGRE mérite bien plus qu’une écoute distraite au détour d’une soirée mélancolique.

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