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Evol - De Bello Gallico (Live In France)
Chronique par Storm - Publiée le 26/05/2026
Evol - De Bello Gallico (Live In France)
Note : 5/6
Genre : Black Metal Médiéval
Année : 2026
Label : Dusktone
Pays : Italie
Durée : 01:06:27
Tracklist :
1.
Intro
05:01
2.
Tower of the Necromancer
05:01
3.
Sad Doom of a Dark Soul
02:54
4.
Flying with the Night-Gaunts
03:00
5.
The Ancient King of Ice (Mighty Yugsuduk)
04:17
6.
Il Principe di Anghisha
07:10
7.
Witchlord
07:36
8.
Dark Stairs of R’Lyeh (The Grey Temple of Leng)
07:04
9.
Il Chierico Grigio
05:35
10.
Prologue (Waiting for His Coming)
04:36
11.
The Return of the Horned King
07:18
12.
Ancient Abbey
06:55

J’avoue avoir toujours eu un faible pour les Italiens de EVOL bien que leur discographie soit inégale et surtout pas franchement renversante. Mais bon, on ne se refait pas, nous avons tous nos marottes pour des raisons qui souvent nous échappent. Il est probable que les Italiens aient fait partie des premiers groupes de Black Metal que j’ai découverts à une époque charnière de mon adolescence, la nostalgie et les cénesthésies faisant le reste. Alors, lorsque le label Dusktone proposa d’éditer ce live ainsi qu’une compilation nommée "Relics" cette année (nous en reparlerons), il était à peu près certain que je réponde présent. D’autant plus que ce concert intervient au plus fort du succès de la bande à Giordano Bruno et qu’il conserve en son sein tout le jus occulte et singulier du projet EVOL.

Et puis, et ça c’est aussi une belle surprise pour ceux qui s’en souviennent, ce live avait été annoncé à l’époque comme une future sortie de EVOL par le label Adipocere Records, label auquel le groupe est resté fidèle du début à la fin. Issu de deux concerts à Lyon et Marseille, comme l’indique symboliquement la pochette, "De Bello Gallico (Live In France)" traverse tous les albums de EVOL. Le travail de studio effectué pour sortir ce live quasi trente ans plus tard est franchement honnête, tant et si bien que les deux prises sonores sont quasi indiscernables, la production permettant de rendre honneur à ces deux prestations. J’ai même envie de vous dire que, pour les détracteurs historiques du groupe, ce live pourrait contrecarrer leur jugement hâtif ou raisonné. Malgré le côté très atmosphérique et médiévalisant de leurs compositions, les Italiens assurent une prestation fort énergique sur scène.

Loin d’être des manches, EVOL assure avec un grand professionnalisme ses concerts sous les yeux d’un public qui, très certainement (c’est une supposition), découvrait pour une bonne partie ce que pouvait être le Black Metal « à ambiances ». La présence forte de Giordano Bruno aux claviers et aux vocalises enveloppe d’une aura occulte ses compositions, fort bien exécutées par les autres membres du groupe. Et puis, il y a ce magnétisme puissant que dégage Princess Of Disease, avec son chant enivrant et les paroles qu’elle clame. Ajoutant cette dimension cérémonielle supplémentaire à l’univers très « dark fantasy » de EVOL, ses propositions apportent du contraste aux passages brutaux de certains titres. Sa présence transforme plusieurs passages du live en véritables cérémonies occultes, comme sur les titres phares "Sad Doom Of A Dark Soul", "The Ancient King Of Ice (Mighty Yugsuduk)" et "Prologue (Waiting For His Coming)". Son chant, spectral et désincarné, ne cherche jamais la virtuosité démonstrative : il agit plutôt comme une ombre flottant au-dessus des claviers et des riffs, accentuant la dimension médiévale et ésotérique propre à EVOL.

Véritable rétrospective vivante et incarnée des titres qui ont scellé l’identité du groupe et permis son succès, "De Bello Gallico (Live In France)" rend honneur à ce projet et constitue réellement une très belle surprise offerte au cœur des fans. EVOL s’est toujours distingué, que l’on veuille ou non, des écoles dominantes de l’époque. Entre 1993 et 1999 (les années « d’exercice » des Italiens), alors que la scène Black Metal se polarise surtout entre la violence nihiliste norvégienne, l’occultisme brutal des groupes grecs et l’émergence du symphonique, EVOL construit un univers beaucoup plus narratif, mystique et décadent. Les Italiens ont souvent conservé une esthétique très artisanale, presque archaïque. Leurs productions restent opaques, les arrangements sont parfois étranges, mais cette fragilité a justement participé à leur identité.

À la lumière du temps, nous pouvons affirmer qu’ils anticipent une partie du Black Metal Atmosphérique et du Dungeon Synth qui deviendront beaucoup plus valorisés dans les années 2000-2010. À l’époque, leur côté théâtral, mélancolique et médiéval pouvait sembler marginal ; aujourd’hui, c’est précisément ce qui rend leurs albums si particuliers. Ils font partie de la grande histoire du Black Metal, ils ont vécu les plus belles années de ce style, celles où le chaudron bouillait intensément d’un feu inextinguible. Je ne peux donc que vous conseiller l’écoute de ce "De Bello Gallico (Live In France)", excellentissime capsule temporelle d’un Black Metal encore habité par le mystère, la pénombre et l’ambition d’ouvrir des mondes plutôt que de simplement produire de la violence sonore. Plus qu’un simple document live, "De Bello Gallico (Live In France)" apparaît aujourd’hui comme la résurgence spectrale d’un âge ancien, lorsque EVOL bâtissait dans l’ombre un royaume que le temps n’a finalement jamais totalement enseveli.

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