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Lord Belial - Kiss The Goat (Sic Transit Gloria Mundi)
Chronique par Storm - Publiée le 28/05/2026
Lord Belial - Kiss The Goat (Sic Transit Gloria Mundi)
Note : 4.5/6
Genre : Black Metal
Année : 1995
Label : No Fashion Records
Pays : Suède
Durée : 45:12
Tracklist :
1.
Hymn of the Ancient Misanthropic Spirit of the Forest
05:20
2.
Satan Divine
03:59
3.
Grace of God
04:14
4.
The Ancient Slumber
05:40
5.
Into the Frozen Shadows
05:36
6.
The Art of Dying
01:38
7.
Osculum Obscenum
03:00
8.
Mysterious Kingdom
06:08
9.
In the Light of the Fullmoon
05:01
10.
Lilith - Demonic Queen of the Black Light
04:36

Les Suédois de LORD BELIAL se forment à un moment charnière du Black Metal et tombent à point nommé pour embrasser, avec moult formations, la seconde vague. Et les bougres ont déjà plein d’idées et, comme tout bon espoir de la scène, ils décrochent un contrat avec l’écurie du moment qui forgera sacrément certains contours de l’école suédoise : No Fashion Records. Ce label mérite que l’on s’attarde sur son catalogue, tant il regorge d’incroyables piliers qui ont fait date, mais aussi de sacrées pépites cachées. En tout cas, si les frangins Backelin décrochent cette timbale, à l’écoute de ce premier album, il n’est pas galvaudé d’énoncer qu’ils la méritaient. Après deux démos qui ont largement circulé dans le tape-trading européen (très important à l’époque), le groupe peaufine ses gammes pour entrer en studio en 1994 pour, et ils ne le savent pas encore, marquer par la suite durablement la scène suédoise.

Avec SACRAMENTUM et surtout DISSECTION, dont il partage une partie d’un même ADN, LORD BELIAL forme le troisième sommet d’un triangle désormais culte. Si les envolées brumeuses et richement mélodiques du futur "Far Away From The Sun" sont peu perceptibles sur ce premier album, celles plus Black/Death de "The Somberlain" le sont davantage. "Kiss The Goat (Sic Transit Gloria Mundi)" se meut avant tout autour de riffs bruts, directs, avec moins de finesse harmonique, une batterie très impactante, sacrément bien travaillée, et une atmosphère générale qui donne le sentiment et la sensation d’être occulte et instinctive. L’apport de la flûte d’une certaine Lilith sur quelques titres apporte un peu de douceur et une touche plutôt originale ("Mysterious Kingdom"), d’autant plus que son placement est bien articulé au sein des morceaux. Mais ce qui fait déjà le sel du groupe, c’est avant tout ce travail mélodique, certes plutôt Black/Death, que la paire de guitaristes arrive à inscrire sauvagement sur des breaks incroyables.

Et si vous voulez démarrer rapidement les hostilités, je ne peux que vous conseiller de jeter votre dévolu sur le triptyque gagnant "Grace Of God" / "The Ancient Slumber" / "Into The Frozen Shadows" du milieu d’album. Avec ce genre d’envolées mélodiques un peu thrashy, un peu dark Heavy, LORD BELIAL n’est pas franchement critiquable, en tout cas bien moins que ses paroles ou son concept bien dans l’air du temps. Nos chers Suédois se défendent à merveille et envoient une sacrée dose d’énergie. Les compositions sont carrées, la production est impeccable et les vocaux hirsutes de Thomas Backelin alias "Dark" ont également de l’énergie à revendre. Certains ont qualifié "Kiss The Goat (Sic Transit Gloria Mundi)" d’approximatif, mais parle-t-on bien du même album ? Mention spéciale et contaminante pour "In The Light Of The Fullmoon", imparable d’agressivité et de beauté.

Première vraie déclaration d’intention du groupe, cet album est fondateur de son identité. Il est à la fois typique de la scène suédoise des années 90 : un Black Metal hybride, entre violence nordique et sens mélodique hérité du Death Metal local. Puisant dans ce substrat, LORD BELIAL décidera pourtant de changer de registre sur l’album suivant : "Enter The Moonlight Gate" (1997). Risquant de coller trop aux basques d’un certain DISSECTION en faisant le choix de diversifier ses mélodies et en apaisant son côté brut et Deatheux, les Suédois arriveront pourtant à accéder à une certaine place au firmament. De mon côté, j’ai toujours eu du mal avec ce second album, hormis quelques titres, en effet, sublimes, qui m’interdisent de le bouder sérieusement. Mais, à bien réécouter ce "Kiss The Goat (Sic Transit Gloria Mundi)", je vais lui accorder la faveur de le faire passer en haut du classement discographique du groupe. Et toc !

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