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Cold Earth - Your Misery, My Triumph
Chronique par Storm - Publiée le 30/05/2026
Cold Earth - Your Misery, My Triumph
Note : 4/6
Genre : Black Metal
Année : 2020
Label : Sol Records
Pays : Allemagne
Durée : 31:08
Tracklist :
1.
As I Pass Through the Entrance of Void
03:33
2.
A Harrowing Gaze of Torment
04:27
3.
Inscriptions at the Cemetery Gates
04:10
4.
Thy Tears of Blood Grace My Eternal Grief
05:01
5.
And Then, I Awoke from Deceitful Dreams
05:54
6.
Following the Voice of Misanthropic Desire
04:20
7.
Spill the Blood of the Lamb (Judas Iscariot cover)
03:43

Vénérer JUDAS ISCARIOT est fort louable, et les Allemands de COLD EARTH n’y vont pas par quatre chemins pour nous proposer un album admirable, plongeant secrètement dans les méandres atmosphériques d’un certain Akhenaten. Le parallèle est indéniable ; la production de ce premier album est aussi rêche que les belles œuvres de notre Américain. Nous y retrouvons tout ce qui a pu faire le sel et la légende de ce projet des 90s : des notes glaciales, des riffs hypnotiques au possible, des guitares saturées en nappes abrasives, une batterie martiale et souvent répétitive, des voix lointaines et hantées. Le nom du projet est d’ailleurs tiré du premier album de JUDAS ISCARIOT que les connaisseurs adouberont toujours : "The Cold Earth Slept Below..." sorti en 1996.

Alors forcément, passés les points de comparaison évidents et l’originalité somme toute relative, je trouve que COLD EARTH se débrouille pas trop mal pour nous livrer un premier album fumant les atmosphères en transe par le givre, la solitude nocturne et l’isolement spirituel. Rien de nouveau sous la lune, me direz-vous, mais "Your Misery, My Triumph" fait correctement son office. COLD EARTH n’affiche plus vraiment d’actualité, ce qui laisse tout de même supposer que cet album est l’unique hommage, mais puissant, que le groupe souhaitait adresser à JUDAS ISCARIOT (dans un autre genre, vous avez NÖDTVEIDT et surtout THULCANDRA qui sont des DISSECTION-like et n’hésitent pas à l’afficher). Mais, pour revenir à nos chers Allemands, ce parti pris met également en exergue l’amour du projet pour ce Black Metal des 90s, volontiers antimoderne et s’attachant à dérouler une musique sans artifices ni compromis.

Et je ne peux pas dire que ce "Your Misery, My Triumph" rate sa cible. La faute à des riffs plutôt entêtants qui arrivent à se frayer un passage rapidement dans votre mémoire. De ce côté-ci, les deux premiers titres de l’album sont imparables : riffs brouillardeux sortant de je ne sais quelle forêt dense, batterie monolithique et répétitive participant à cet effet de transe hypnotique, vocaux habités mais point trop extravertis, atmosphères nocturnes et mélancoliques à la fois. Le petit bémol de cet album, c’est qu’il a tendance à s’essouffler un peu sur la fin, à la manière également des albums de JUDAS ISCARIOT, je l’admets, mais nous parlons ici d’un album-hommage ; notre critique ne peut être qu’un peu moins bienveillante. Mention spéciale néanmoins à "And Then, I Awoke From Deceitful Dreams" avec ses nappes de claviers éparses et fantomatiques et son riffing tenace et bien inspiré. J’avoue être plutôt fan du timbre vocal de T.B. ; son grain ténébreux et légèrement rauque a tout pour conter ces titres grisailleux, en y ajoutant plus d’obscurité encore.

Il y a quelque chose d’assez touchant dans la démarche de COLD EARTH. À une époque où le Black Metal cherche sans cesse à se réinventer, à gagner en technicité ou en sophistication, les Allemands choisissent au contraire de regarder derrière eux, vers cette noirceur austère et quasi ascétique qui faisait autrefois tout le charme des œuvres les plus obscures du genre. "Your Misery, My Triumph" respire cette passion sincère pour un Black Metal nocturne, répétitif et hypnotique, façonné davantage par les atmosphères et les sensations que par la démonstration. Et même si l’album ne dépasse jamais réellement l’hommage appuyé à JUDAS ISCARIOT, il possède suffisamment de cœur, de froideur et de riffs mémorables pour exister au-delà du simple exercice de style. Une belle offrande aux nostalgiques des heures grises du Black Metal des années 90. "Your Misery, My Triumph" est un premier et probablement unique album qui, sans atteindre les cimes de son illustre modèle, parvient néanmoins à en raviver admirablement la flamme noire.

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