Album culte pour les uns, oubliable et oublié pour les autres, Vermeth symbolise en tout cas le chant du cygne des Légions Noires. Fondé en 2000 par Lord Beleth’Rim, ce projet est le plus tardif du collectif breton, qui compte déjà les enregistrements iconiques de Mütiilation, Vlad Tepes, Belketre ou encore les expérimentations flinguées de Möevot et Aäkon Këëtrëh. Cinquième roue du carrosse ou entité originale ?
Vermeth fait dans le black metal le plus true et le plus authentiquement raw. Une guitare, une basse (peut-être, rien n’est moins sûr) et une batterie. On y retrouve le riffing typique de l’époque, entre tremolos basiques et breaks parfois thrashouilles et sans finesse, le plus souvent lents et décharnés. Car Lord Beleth’Rim met un point d’honneur à imposer une ambiance malsaine. La production est crasseuse, la voix haineuse, le tout assemblant une architecture grisâtre qui renifle le putride.
Si ça renifle le putride, ça ne l’est pas encore tout à fait. Le fromage Vermeth est encore un peu blanc. Si des efforts sont faits en ce sens, la production sonne davantage « amateur » que « malsaine ». Pas assez épaisse, pas assez acide, pas assez glaireuse, elle reste dans un entre-deux préjudiciable à ce qui demeure néanmoins un effort sincère. Là où les classiques des Légions Noires suintent la maladie et le malaise (parfois très adolescent), Vermeth semble trop timoré, malgré quelques passages efficaces, comme la haine palpable qui traverse Black Remembrance.
Si l’album n’est pas mauvais, ses trente-deux petites minutes ont du mal à s’imposer, et l’océan de chiasse promis s’évapore rapidement en une simple flaque de pus.