Accueil > Chroniques > Nargaroth - Apocalyptic Steel
Nargaroth - Apocalyptic Steel
Chronique par Storm - Publiée le 08/06/2026
Nargaroth - Apocalyptic Steel
Note : 3.5/6
Genre : Black Metal
Année : 2026
Label : Season Of Mist Underground Activists
Pays : Allemagne
Durée : 39:04
Tracklist :
1.
Intro
00:34
2.
Steel Apocalypse
03:58
3.
Twisted Steel
03:37
4.
I Drink Alone
04:26
5.
Metalheart
04:17
6.
Dresden
04:21
7.
Shelter the Faithless
06:27
8.
Man of Mayhem
06:15
9.
Requiem Germania
05:09

NARGAROTH et moi, c’est plutôt une histoire pas foncièrement intéressante faite de hauts et de bas, avec un ennui courtois à la présidence qui s’est installé à chaque nouvelle mouture. René "Ash" Wagner, allemand de son état mais résidant aux États-Unis depuis déjà un bail, a toujours souhaité porter ses influences dans son Black Metal. Entendez par là les DARKTHRONE et MAYHEM côté Black pur, mais qu’il aime à teinter depuis les années 2000 d’une sauce aux ingrédients plus thrashy, voire Punk, avec MOTÖRHEAD et ACCEPT en toile de fond. Ce nouvel album est un ressuscité, puisque tous ces titres proviennent d’un week-end d’enregistrement en septembre 2014 au studio Trident de Pacheco, en Californie, et furent « oubliés dans un disque dur » (sic). Les voilà retrouvés et, après quelques menus ajustements, Wagner nous en fait profiter via le label Season Of Mist. Et comment ! Détaillons !

Les nostalgiques des EP "Rasluka", de "Geliebte Des Regens" (2003), et surtout de "Jahreszeiten" (2009), l’album le plus intéressant pour l’heure de la discographie de NARGAROTH, avec ses ambiances à la JUDAS ISCARIOT, pourront aller se rhabiller. Wagner ne nous concoctait plus vraiment cela en 2014 et n’en avait sans doute plus le désir. Plus bas du front, "Apocalyptic Steel" revient pourtant aux fondamentaux de ses principales influences après un dernier album sorti en 2017, "Era Of Threnody", plutôt orienté Post-Black, sombrant avec des passages éthérés à la mords-moi le nœud et ne humant vraiment plus le cuir et l’acier des débuts. Cette fois, Wagner a voulu faire table rase de cette parenthèse enchantée ou de cette incartade (ndlr : rayez la mention inutile), en rechoppant le taureau par les cornes et en distribuant presque une quarantaine de minutes de Metal un poil couillu et point trop abîmé par l’acné.

Peu d'artistes du Black Metal continuent de diviser autant que René "Ash" Wagner. Mais, près de trente ans après la naissance de NARGAROTH, chaque nouvelle sortie reste tout de même un événement. Premier constat donc sur ce neuvième album : la voix de Wagner a pris un coup. Enregistrées en 2025, les parties vocales sont donc contemporaines et laissent entendre un timbre de voix plutôt fatigué mais qui, besogneusement, fait son office. Du côté du riffing, il y a par contre de belles choses et quelques titres savent surgir de la masse moyenne. "Steel Apocalypse", qui ouvre l’album, passée l’intro, est le morceau phare. Riffing acéré et entraînant, leads un poil dissonants, un beau solo en prime et une belle cavalcade de rythmes : que demander de plus à NARGAROTH en 2026 ? "Metalheart" est un titre tout personnel et nostalgique de Wagner qui rend hommage à toutes ses influences qui ont forgé son identité de musicien (citons ceux que nous n’avons pas encore cités, à savoir SLAYER, VENOM, ASPHYX, DEATH, MANOWAR… enfin vous voyez le genre et l’époque). Court et burné, "Metalheart" fonctionne bien avec son côté hymnique certainement voulu ou désiré.

Concernant mes deux coups de cœur de l’album, ils sont à l’exact opposé côté style et atmosphère. D’abord, parlons du très beau titre de Black Atmosphérique très 90s et ténébreux "Man Of Mayhem", une belle mandale teutonne bien hypnotique avec rage et paysages forestiers en hologramme ou toile de fond. Et puis de "Dresden" qui respire bien la nostalgie de l’expatrié Wagner. Au programme : chant clair romantique, promenade urbaine nocturne entraînante dans les ruines de Dresde… Pour finir, j’aimerais vous conseiller de vous faire votre propre avis sur cet album fantôme de 2014 qui refait surface douze ans plus tard. Une bonne poignée de titres sont volontiers intéressants tandis qu’une autre reste plus linéaire et sans prise de risque. Enfin, je ne me suis pas attardé sur les nanards et les considérations que l’on peut se faire de Wagner, j’ai un peu autre chose à foutre. Et puis, ce nouvel album, s’il ne décrochera pas la médaille de l’année, est honnête et laisse à penser que NARGAROTH reprend une route très certainement moins honteuse que ne le laissait présager son dernier album de 2017. C’est déjà cela.

4 lectures