Comme si les Australiens derrière ce projet, Nightwolf et Azgorh, n’avaient pas déjà assez de groupes de ce genre. Déjà actifs dans une pelletée de formations toutes plus sombres et acérées les unes que les autres, ils prennent également part à l’hyperactif Drowning The Light, qui sort en moyenne une bonne demi-douzaine de réalisations par an.
Si Drowning The Light a un caractère plus « œcuménique » en proposant régulièrement différentes facettes de l’art noir (avec plus ou moins de réussite) au sein d'une discographie pour le moins pléthorique, Eternum décide de s’inscrire dans un courant on ne peut plus traditionnaliste : la Pologne des années 1990. Vous aimez Infernum et Veles ? Mais surtout la première partie de la discographie de Graveland jusqu’à Creed of Iron ? Eternum devrait vous combler.
Du rendu sonore jusqu’à l’écriture, en passant par le visuel monochrome sylvestre, tout est fait pour vous maintenir en terrain connu. Riffs aériens et hypnotiques greffés sur des rythmiques épiques et païennes, synthétiseurs archétypaux de grandes chevauchées perdues d’avance, passages atmosphériques médiévalisants : tout respire la très controversée époque forestière « Polska ».
Veil of Ancient Darkness évite l’écueil de l’hommage trop appuyé façon photocopieuse ; l’équilibre entre férocité barbare et atmosphères envoûtantes est plus que respecté. La crasse moyenâgeuse de Rob Darken cohabite très bien avec les envolées renforcées à coups de synthétiseurs qui rappellent l’époque viking de Bathory. Le picking inspiré le dispute aux trémolos vénéneux au sein d’une unité sonore noire et humide.
Rien d’original, certes, même en 1998 et encore moins en 2012, mais une honnêteté stylistique et un purisme qui méritent amplement le détour.