L’Italie ? Oubliez Opera IX ou Forgotten Tomb, on plonge ici dans le fond du fond de l’underground italien avec les vétérans de Goatfire, qui commençaient déjà à sortir frénétiquement des démos dès 1995. L’orthodoxie formelle de leur black metal, qui restera à jamais bloquée en 1995 même dix ans plus tard, bénéficie d’une production des plus garage qui ravira les plus déviants d’entre vous. Dans leurs rangs, des musiciens anonymes dont le fait d’armes le plus notable est sans doute un passage chez Hirpus, que je vous conseille soit dit en passant.
Seuls un split avec Célestia en 2001 puis cet album, enregistré en 1999 et publié en 2001 chez les légendaires Sombre Records, puis réédité en 2005 par les non moins légendaires Total Holocaust Records, évitent à Goatfire l’anonymat le plus total.
Hermétisme et intégrisme musical sont les maîtres mots du trio transalpin sur ce premier et unique album « studio » de Goatfire. Si les blast beats et la vélocité sont au rendez-vous, rappelant par moments les débuts de Krieg, ce sont surtout les passages en mid-tempo et les décélérations qui leur succèdent qui font le sel de leur musique. Pourtant, malgré les passages à tabac old school teintés de thrash, Sacrophobic Initiation demeure avant tout un album porté sur le satanisme médiéval et les ambiances sinistres. La voix éraillée et la production raw lui permettent de se démarquer de la masse.
Malgré un manque d’originalité, ce jeu d’équilibriste entre black metal nocif, breaks casse-cou et riffs efficaces en power chords fait de Sacrophobic Initiation un album fort honnête, à défaut d’être indispensable.