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Evol - Dreamquest
Chronique par Storm - Publiée le 02/11/2025
Evol - Dreamquest
Note : 4.5/6
Genre : Black Medieval Symphonique
Année : 1996
Label : Adipocere Records
Pays : Italie
Durée : 58:41
Tracklist :
1.
Dreamquest
02:44
2.
Sad Doom of a Dark Soul
02:40
3.
Sona-Nyl
03:26
4.
Flying with the Night-Gaunts
03:30
5.
Celephaïs
04:22
6.
The Ancient King of Ice
05:05
7.
Sarkomand
02:38
8.
Darkmere
02:37
9.
Ulthar
02:53
10.
Dark Stairs of R'lyeh
07:12
11.
Cathuria
03:27
12.
The Black Crystal of Astar
10:25
13.
...verso la città del tramonto
07:42

EVOL est un plaisir coupable, du moins cet album que j’ai toujours écouté dans mon coin, laissant développer ces nombreux motifs sonores théâtraux, singuliers, un peu hors du temps et des modes. Son embonpoint bucolique n’est ici point une fantaisie ni une immaturité, mais bien le fruit d’une imagination débordante d’un conte musical médiéval, nourri entre deux réalités… et biberonné par l’œuvre de Lovecraft.

Au clair de lune, EVOL prend tout son sens et, malgré des effets sonores parfois fragiles, le charme peut opérer si nous laissons voler en éclats une quelconque attente et laissons notre imagination déborder sur notre esprit. Ses volutes symphoniques, que l’on pourrait juger caricaturalement kitsch, sont pour le coup assez attachantes et n’ont pas forcément si mal vieilli que cela. "Sona-Nyl (Il Regno Della Fantasia)" nous fait toucher du doigt les portes d’ivoire du rêve et l’albâtre d’un escalier. Quelque chose de soyeux s’échappe aussi, par endroits, de certains titres qui feront encore sourire les moqueurs de tous bords. Je pense par exemple à "Celephaïs (Barocco Veneziano)", à "Sarkomand (La Legendaria)" ou encore à "Ulthar (La Città Dei Gatti)".

Et si je veux compléter cette critique, je dirai que les Italiens d’EVOL s’en sortent très bien quand ils produisent de l’ambiance, du symphonique ou du mystico-médiéval, moins lorsqu’ils s’évertuent à faire du Black Metal ("Flying With Night-Gaunts", "Dark Stairs Of R’Lyeh (The Grey Temple Of Leng)"). Le chant de Princess Of Disease est délicieux et sa voix enchanteresse concourt à développer pas mal d’arabesques de rêverie. Je serai, en revanche, plus sévère avec la voix quelque peu irritante de son comparse Prince Of Agony.

J’ai toujours eu toute confiance en Adipocere Records dans les années 90, et je conçois, quelques décennies plus tard, qu’en plus d’avoir eu le nez creux, ce label a gravé dans le marbre certains disques aujourd’hui rentrés dans la légende. Et puis, la nostalgie aidant, je me dis qu’EVOL a finalement réussi une très belle œuvre et qu’elle s’écoute facilement, si l’on prend le soin de l’entendre entièrement en installant des conditions propices pour percevoir son enchantement.

"Sad Doom Of A Dark Soul (Chutulusumgal’s Presence)" restera toujours attaché à mon cœur de quinze ans. Présent sur le premier sampler de Metallian, lorsque ce magazine entamait sa mue et entamait sa progression fulgurante, porté par des myriades de sorties ingénieuses et passionnantes, ce très beau titre me renverra toujours illico à mes souvenirs d’adolescence. Merci EVOL !

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