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Adgarios
Entretien réalisé par Elina - Publié le 08/03/2026

Adgarios

Cornemuses, percussions, langue gauloise et artisanat musical : Adgarios compose seul un univers où tradition et création personnelle se rejoignent. À l'occasion de la sortie de « ROTVS AMI », il nous ouvre les portes de son processus.

À l’occasion de la sortie de son album « ROTVS AMI », j’ai décidé d’aller retrouver le projet gaulois Adgarios afin d’en savoir plus sur lui et sa composition musicale si particulière. Entre instruments traditionnels, composition en solitaire, et textes traduits en gaulois, partons explorer son univers.

En bref, si vous ne connaissez pas Adgarios, c’est folk, c’est gaulois, et c’est artisanal.


Bonjour Adgarios ! Merci d’accorder un peu de temps à Black Devotion. Cette année, 2025, marque la sortie de ton premier album « ROTVS AMI ». À l’occasion, j’aimerais présenter ton projet à nos lecteurs.

Commençons par le commencement ! Qu’est-ce qui t’a motivé à créer Adgarios, et d’où vient ton d’explorer une folk teintée d’influences gauloises, un genre finalement assez spécifique ?

Bonjour Elina ! Ce qui m’a motivé à créer mes premières maquettes était de l’ordre de la musique intuitive.
C’était en 2016, j’étais transporté par la musique tribale, le paganisme, le chamanisme, et la contemplation de la nature.
De là j’ai décidé de me tourner vers un projet qui résonnerait avec la terre sur laquelle je vis en cherchant à restituer une langue oubliée avec des traditions empruntes de mystère.

As-tu eu des influences, musicales ou non, qui t’ont guidé vers cette direction ? T’es-tu intéressé à nos racines gauloises, via des lectures ou recherches particulières ?

Mes premières influences musicales sont des groupes bien connus tel que Faun, Wardruna, Heilung et Eluveitie, notamment pour leur album EVOCATION.
Oui ! je me suis mis à étudier les mythes celtes médiévaux tel que le Lebor Gabála Érenn, la razzia des vaches de Cooley et le mabinogion. Je me suis également plongé dans les écrits de Jean Paul Savignac à travers sa collection « Les Hommes Dieux » qui retranscrit ce qu’aurait pu être les mythes gaulois.
J’ai également creusé du côté des témoignages des contemporains et des recherches archéologiques afin d’établir un contexte historique et « philosophique ».

En parlant de la langue gauloise, tes textes sont disponibles sur YouTube en gaulois et en français. Qu’est-ce qui t’a donné envie de chanter dans cette langue ? Et comment travailles-tu la traduction des paroles ?

Comme dit précédemment, c’est une recherche de nos racines via ce qui résonne dans nos terres qui m’a inspiré à me tourner vers la langue gauloise. Pour se faire, je m’appuis sur les lexiques de Xavier Delamarre et Jean Paul Savignac, ainsi que sur la méthodologie du gallicâ iextis toaduissiouibi (le gaulois par les exemples) de Gérard Poitrenaud.
Ces personnes ainsi que d’autres tel que Pierre Yves Lambert et David Stifter ont fourni un travail extraordinaire permettant de reconstituer une langue fonctionnelle dont les connaissances continuent à évoluer aujourd’hui !

Pour l’enregistrement studio, tu joues et mixes tout toi-même. Qu’est-ce que ça change pour toi, artistiquement ou émotionnellement, de porter ce projet du début à la fin ?

J’aime beaucoup gérer un projet du début à la fin. On voit une pensée naître et petit à petit elle prend de la consistance et grandit. Le fait d’enregistrer et mixer en home studio me permet une recherche et une expérimentation approfondie.
Ma créativité se retrouve boostée car je comprends de mieux en mieux les astuces de prises son et de traitements en fonction de ce que je souhaite transmettre et ça me donne beaucoup d’idées pour la suite !

On peut entendre divers instruments : percussions, flûtes, cornemuse… Quels sont ceux que tu utilises le plus souvent ? Leur apprentissage a-t-il été compliqué, ou retrouves-tu une logique commune entre eux ?

Les tambours et les hochets sont systématiquement présents. Ils sont comme un cœur battant. Pour les autres instruments ils sont utilisés selon l’émotion que je souhaite traduire. Cornemuse et flûte à l’unisson n’auront pas le même impact qu’une flûte seule par exemple.
Concernant l’apprentissage, il réside en beaucoup de pratique afin de développer un « feeling » naturel avec les instruments.
Effectivement certains instruments peuvent se ressembler mais ils ont tous leur particularité de jeux surtout pour les vents.
Le jeu diffère pour un même thème musical, la gestion du souffle est différente également.

Même si ton univers est très traditionnel, tu enregistres avec des outils modernes ! Tu peux nous décrire un peu ton processus d’enregistrement ? Comment passes-tu de l’idée brute au morceau final ?

Je me suis aménagé un petit home studio afin de pouvoir faire mes prises son. Une simple carte son, des enceintes de monitoring et différents micros en fonction des besoins me permettent d’enregistrer tous les éléments.

J’ai pu voir que tu faisais des performances live, c’est super ! Comment adaptes-tu une musique que tu crées en solo pour une version scénique avec d’autres musiciens ?

L’organisation pour les concerts à été un vrai casse-tête ! Nous sommes trois musiciens sur scène qui jouons le cœur de chaque chanson. À savoir les tambours, le bouzouki, certains passages à la flûte, cornemuse et harpe ainsi que le chant.
Les pistes des instrument manquants sont envoyés en son de façade et j’ai dû mettre en place un système afin de nous assurer d’être parfaitement synchronisés dessus.

Et justement, en live, ton univers visuel joue un rôle important : costumes, instruments traditionnels, ambiance… Est-ce que ça change ton rapport au public ?

Je dirais que tout ceci apporte une immersion. Autant pour le public que pour nous sur scène. Il y a un cadre et une ambiance évoquant quelque chose de ritualistique. Je ne saurais pas dire si mon rapport au public change mais mon rapport avec l’instant présent oui !

On approche doucement de la fin ! Maintenant que « ROTVS AMI » est disponible en streaming, quels sont tes autres projets ? Peut-on espérer une version physique ? Un nouvel album ?

La sortie physique n’est pas encore au programme mais je garde cette idée en tête. Pour la suite j’enregistre actuellement le second album et je réfléchis également à un troisième opus !

Pour finir, peux-tu dire à nos lecteurs où ils peuvent te retrouver et/ou t’écouter ?

Vous pouvez me trouver sur toutes les plateformes de streaming (Spotify, YouTube, Apple Music, Deezer, etc…).
Je suis également assez actif sur Instagram !

Je te laisse le mot de la fin ! Merci d’avoir accordé de ton temps à Black Devotion !

Merci beaucoup Elina et Black Devotion de m’avoir accordé cette interview !
Un mot gaulois pour finir : Suavelos ! (que le vent vous porte)


Spotify : https://open.spotify.com/album/6kUh7lXUtV8JjxYZjU69v2
YouTube : https://www.youtube.com/@adgariosoff
Instagram : https://www.instagram.com/adgariosofficiel

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