
Découvrez le second volet de la Grotte de S. concernant une sélection des meilleurs albums de Black Metal parus en novembre et décembre 2025.
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L’avantage avec Clandestine Blaze, c’est de ne jamais être surpris. Son géniteur, Mikko Aspa, est solidement ancré dans les années 90 et son Black Metal ne montre pas le moindre signe d’évolution, ni de modernisme et n’est pas là pour divertir. La froideur des compositions et l’hostilité qui en émane caractérisent la sobre grandeur de ce projet. Pour reprendre les mots de mon cher collègue La Bête du Blizzard : “Absolument comme un cendrier froid dont l'odeur ronge la pièce jusqu'à donner immédiatement une céphalée, Consecration of the Blood continue donc sur la lancée qualitativement antipathique de son prédécesseur paru deux ans plus tôt.”. La messe est dite.
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Fruit d’une collaboration entre l’Islandais Hafsteinn Vidar Lyngdal et l’Américain Alexander Poole, Martröd a enfin sorti son premier album studio après plus de 10 ans d’existence. Le résultat est à la hauteur de l’attente. Grâce à une production massive et millimétrée, le duo distille un Black Metal riche et puissant, aux parfums orthodoxes, à la croisée d’un Misþyrming et Deathspell Omega. Quatre longs morceaux qui consument de l’intérieur l’auditeur, par le pouvoir asphyxiant de cette atmosphère oppressive.
Après 4 ans de silence, les Anglais repoussent encore les limites de leur art en proposant ici un Death/Black Metal des plus travaillés qu’il soit. La complexité des compositions se révèle sublimée par un apport orchestral et horrifique, tirant l’auditeur dans les abysses de la folie, en ces lieux desquels ne jaillit aucune lumière, où les âmes sont à jamais tourmentées. Un album impressionnant dans sa construction et son atmosphère.
Le nouveau projet d'Hylgaryss (déjà derrière Le Prochain Hiver et l'excellent "Talvi") réunit la vocaliste Obyana pour quarante minutes de black metal atmosphérique intense. L'album raconte l'histoire d'Obyana la Sainte, qui cherche à fusionner avec le froid en se laissant mourir dans la neige. Plus sombre que les précédents travaux d'Hylgaryss, la musique alterne entre passages mid-tempo tragiques et envolées cosmiques, portés par un mur de guitares et synthés massifs. Les arrangements sont soignés : violons dramatiques, piano funèbre, cuivres majestueux au final. L'ensemble crée une vraie immersion émotionnelle, mêlant froid, mélancolie et élévation spirituelle, jusqu'à un crescendo final saisissant.
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Avec plus de trente années d’existence, le Finlandais est toujours présent. La recette reste ici inchangée pour ce nouvel EP : un Black Metal à la production hermétique et froide, embarquant l’auditeur dans un blizzard permanent, entrecoupé d’énigmatiques pauses ambiantes.
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Kalmankantaja poursuit sans relâche sa production d’albums en publiant ici le 28ème en quatorze ans d’activité. Sans jamais avoir sorti de véritable chef d'œuvre, son Black Metal atmosphérique a toujours été plaisant à écouter. Cet Autumnheart confirme une fois de plus ce sentiment ; pas de colère ni de haine, mais une paisible balade spirituelle sur les terres enneigées de Finlande, dans le calme, la beauté et la mélancolie.
On ne va pas se mentir, la pochette d’album cochant toutes les cases de la trve-itude a attiré ma curiosité. Est-ce là juste de la poudre aux yeux ? Pas vraiment. Le premier opus du one-man-band anglais renferme un concentré de noirceur : des riffs caverneux, un assommoir en guise de rythme et des vocaux bien gutturaux, le tout enrobé d’une production carrée avec suffisamment de réverb. On frise la caricature mais le feeling est là.
Pour son second album studio, le projet solo de Michael Hellström continue sur sa lancée, à savoir un Black Metal mélodique dans la droite lignée des grands noms du genre, en particulier Dissection et Thulcandra. Fort d’une production soignée et d’une parfaite maîtrise des instruments, le musicien convainc avec ses morceaux inspirés. Vivement recommandé pour les amateurs du genre.
En dépit d’un son de garage, la première démo de ce one-man-band réussit à convaincre, grâce à ses riffs épiques, sa batterie organique et ses vocaux enragés, dans la noble tradition du Black Metal finlandais.Notons que la seconde moitié de l’opus est un morceau ambiant, somme toute monotone et dispensable.
Est-il nécessaire de présenter Sadness ? Fruit de l’incroyable personnalité qu’est Damián Antón Ojeda (derrière d’innombrables projets, dont Trhä), il montre ici la facette onirique d’un Black Metal qui mérite bien l’étiquette de “Post”, tant il va à contre-courant des dogmes du style et n’en a même plus la substance originelle. On peut plutôt parler de Blackgaze ici. Shimmer est le 23ème (!) album de Sadness, articulé autour de deux titres enregistrés en 2023. Dépassant chacun le quart d’heure, ils renferment une ambiance propice à la divagation de l’âme, se faufilant dans les méandres des rêves, où règnent la beauté et l’insouciance…
Venu des contrées ibériques, le groupe propose ici sa quatrième production sous la forme d’un EP, renfermant un Black Metal lorgnant sur les terres du Death, dans toute sa dimension caverneuse et occulte. C’est lourd, possédé, accentué par une production tentaculaire tirant constamment l’auditeur vers les abysses…
Après un excellent Ascending into Perdition, Darvaza remet le couvert dans la droite lignée de son prédécesseur. Le duo expérimenté, composé de Omega et Wraath, distille un Black Metal alternant entre morceaux fougueux et autres plus mid-tempo, formant un ensemble cohérent et homogène.
Unfyros est le projet parallèle de Anti Haapapuro, ancien membre de Dolorian, formation de Black/Doom ayant eu son heure de gloire au début des années 2000. On retrouve ici la lourdeur d’exécution, avec néanmoins des différences notoires : la musique n’est plus noyée dans la réverbération, au profit d’une production plus hermétique et un tempo moins pachydermique. La conjugaison de la voix dédaigneuse, du rythme accablant, des riffs assassins et de la répétition donnent cette sensation d’être empêtré dans une mélasse poisseuse, que seule la fin de l’album achève…
Les vieux briscards du Black Metal reviennent avec leur douzième album, cinq années après la dernière offrande. Sans proposer du renouveau et de l’originalité, les Belges distillent un opus solide et homogène, maîtrisé d’un bout à l’autre
Hetroertzen fait des émules au sein du Black Metal chilien. Outre le fait de partager la même origine, Umbrio semble puiser son influence dans ce projet d’envergure qui a tracé un sacré sillon dans les terres de l’occulte. On y retrouve de nombreux points communs : cette voix grave, claire et solennelle ; une ambiance mystérieuse et une production parfaitement maîtrisée.
Voici un tout nouveau projet tout droit sorti des terres polonaises. Pour son premier EP, Astral Spear met la barre haute avec ce Black Metal aux vocaux poisseux et à l’esprit résolument old school, à la croisée du Mayhem de la grande époque et de l’orthodoxie d’un Watain. C’est froid et hostile.
Ex Nihilo est le premier album de ce projet solo, après une démo parue quatre ans plus tôt. Les compositions, travaillées et variées, dépeignent une atmosphère mélancolique et d’espoir perdu tout au long de l'œuvre. Près d’une quarantaine de minutes à l’issue desquelles on ressort avec le cafard et bien des interrogations sur le sens de la vie…
Dès les premières notes, on reconnaît la griffe de Marek Górecki, alias Mark of the Devil, le leader charismatique de Culte des Ghoules. Pour preuve, il assure ici la partie vocale de ce projet où l’instrumentation est menée par T. Kaos (Enthroned, Death like Mass). L’univers y est très proche, avec ce Black Metal occulte et possédé, à la production à la fois assommante et marécageuse.
Pour son premier album, le one-man-band finlandais propose un Black Metal terré dans le traditionalisme, froid et déshumanisé. La production, volontairement dégradée, possède ce grain opaque, plongeant l’auditeur dans un tourment de blizzard, d’où émanent litanies et mélodies étouffées. Un clavier, discret, apporte quant à lui une atmosphère ensorcelée.