Depuis que S. nous l’a fait découvrir dans sa Grotte de janvier/février 2026, je garde un œil attentif sur ce que nous propose Aftoktonia, un tout jeune one-man band Norvégien d’origine Grecque. Le bonhomme étant plutôt productif, il y a beaucoup à découvrir et c’est ainsi que nous arrivons à ce split sorti il y a quelques jours. La première partie est assurée par le one-woman band Québécois Coffret de Bijoux, l’un des très nombreux projets d’Alice Simard. Les deux entités nous offrent un raw ambient black metal très mélodique, avec une présence relativement prégnante de sonorités électroniques. Côté artwork, la pochette représente un tableau en insert sur le fond d’une photo de fleurs, avec les logos des deux artistes de part et d’autre. Clairement une couverture qui ne m’aurait spontanément pas donné envie de lancer l’écoute, et ça aurait été fort dommage.
Puisque, bien heureusement, c’est musicalement que ce split déploie tout son potentiel. Les deux musiciens contribuent un titre d’environ 14 minutes pour chacun, en commençant par Coffret de Bijoux. Comme dit dans le paragraphe précédent, on a là du raw BM avec beaucoup de mélodies et des claviers très présents. L’ambiance générale qui se dégage de ce « ântem » est mélancolique, voire nostalgique par moments, à l’instar de ce qu’on peut trouver chez un groupe comme Trhä, ou dans toute la galaxie des « groupes à tréma » comme je les appelle (surtout pour ne pas avoir à chercher comment les orthographier à chaque fois que je les évoque). Mais la Québécoise sait aussi nous surprendre, avec des passages purement à la guitare qui arrivent sans crier gare, et qui me font penser (désolé, je vais être étrangement très spécifique) à la démo oubliée d’un groupe Canadien oublié, à savoir Ravage Total de Transylvania (vous irez écouter si le cœur vous en dit mais c’est très sympathique). Pour résumer, on a un excellent mélange de metal et d’électronique, même si les contrastes et les changements de ton sont quelque peu déroutants.
Vient ensuite le titre d’Aftoktonia qui, rappelons-le, a motivé mon écoute, et j’ai été comblé au delà de mes espérances. Ça commence plutôt mal pourtant, car il faut d’abord patienter pendant les trois premières minutes sur de l’ambiant très (trop) minimaliste et qui n’a aucun lien avec le reste de la chanson, qui lui débute après un blanc de quelques secondes. Ça me laisse à penser que peut-être cette introduction aurait dû être un morceau à part. Mais une fois que le vrai titre commence, on est parti pour onze minutes intenses et sans répit d’un raw ambient black metal cosmique. Les riffs fantastiques bouclent sur un rythme qui ne s’arrête quasiment jamais, à part le break occasionnel qui permet de changer proprement de ton, et soutiennent des samples au clavier qui rendent le tout épique et incroyablement transcendant, un sentiment que personnellement je ne retrouve que sur les meilleures productions de Wintherr ou encore chez le mystérieux groupe Voidsphere. Le morceau est superbement construit avec des enchaînements parfaits entre les différents blocs. Mention spéciale à partir de 9min25, où l’on atteint l’apothéose de ce « C'elësti » (et de ce split) avant une redescente graduelle et maîtrisée sur Terre.
Les quelques défauts que j’ai évoqués font qu’on ne fait que toucher du doigt la perfection, mais que ça ne vous empêche pas de vous jeter à corps perdu dans l’écoute de cette collaboration au final assez équilibrée entre deux formations qu’il faut clairement suivre de près.
Coffret de Bijoux : 4.5/6 - Aftoktonia : 5.5/6