
L'année 2026 démarre sur les chapeaux de roue ! En témoigne cette sélection dépassant la vingtaine de sorties, dont certaines pourraient figurer dans les traditionnels tops annuels, comme le Old Sorcery, le Misotheist ou encore le Diabolicus Mecum Sempertene!... N'hésitez pas à venir en discuter sur notre Discord : https://discord.gg/Rf8XEKuZk4
Albums listés :
AFTOKTONIA - Through Nebulae of the Empyrean Aether [Norvège]
ASTAROTHICA - Pagan Winter [Grande-Bretagne]
ASTRAL LORE - To Summon the Powers of Bare Earth [Portugal]
BRONZE HALL - Embers of the Dawn [Finlande]
CAREUS - In aethere [Mexique]
DIABOLICUS MECUM SEMPERTENE! - Diabolus Mecum Sempertene! [Norvège]
DRACONIS INFERNUM - The Black Flames of Satan [Singapour]
DRUDENSANG - Watzmannsage [Allemagne]
EHTEK - Nikhté [???]
ERANCNOIR - Kahropa [Iran]
FALL OF LUVAH - Remnants and Corrupted Memories [Allemagne]
IHS - Närmare Gud, Till Dig [Suède]
KËKKREËHSZÏNRIIRBRE - Reviviscence [France]
KOLDKRYPT - Condam.né [France]
MISOTHEIST - De Pinte [Norvège]
NORTHERN KRIG - Worship Files For Anthropophagolagnia Predator [Norvège]
OLD SORCERY - The Outsider [Finlande]
PETRICHOR - Seduced by Conquering Darkness [USA]
RÅ - Rå [Belgique / Suède]
THE RUINS OF BEVERAST - Tempelschlaf [Allemagne]
TRANCE OF THE UNDEAD / CHAOS PERVERSION - Trance of Perversion [Brésil / Chili]
VIDE - Aux enfants des ruines [France]
VLAD SPIRIT - Ashes of the Crimson Kingdom [Grèce]
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Old sorcery constitue le projet parallèle et personnel de Vechi Vrajitor, membre de l’excellent Warmoon Lord et ce nouvel opus est déjà le septième de cette entité finlandaise. Le sieur nous gratifie d’une galette dépassant les 70 minutes, embarquant l’auditeur dans une multitude d’univers fantastiques au gré des diverses compositions. Aux raids cosmiques et célestes du Black Metal répondent les atmosphères chevaleresques de l’Ambiant et du Dungeon Synth. Cette alchimie forme un ensemble cohérent et hautement immersif, sublimé par une production riche et millimétrée. Un album s’inscrivant dans la lignée des Emperor, Vargrav et autres cadors du genre, qui figurera probablement dans le haut du panier de 2026.
[Lire la chronique de Storm sur nos pages]
Depuis de nombreuses années, la scène de Trondheim semble se nourrir d’elle-même. Microcosme à elle-seule, si bien qu’une appellation lui a été conférée : le Nidrosian Black Metal. Véritable bastion entretenant sans relâche l’art noir dans cette Norvège qui n’a plus l’éclat des années 90. Misotheist est de cette trempe-là. Son quatrième album porte cette sonorité régionale : agressivité, lourdeur, occultisme, profondeur dans la production et à l’atmosphère poisseuse. De Pinte remplit haut la main le contrat.
On reste du côté de Trondheim avec cette fois-ci un projet qui réunit la fine fleur locale en matière d’art noir. Le quatuor qui compose cette formation créée l’année dernière compte des membres de Whoredom Rife, Manii, Mare, Dark Sonority ou encore Misotheist, excusez du peu ! Le résultat ne pouvait qu’être à la hauteur du casting. Le premier album de Diabolus Mecum Sempertene! constitue une synthèse de ce que le Nidrosian Black Metal a fait de meilleur. La production et l’intensité asphyxient l’auditeur trois quarts d’heure durant, avec des compositions suintant l’occultisme, où les incantations parfois liturgiques se fondent aux hurlements possédés. Une épouvantable messe, dont il n’émane aucune lumière, qui vous enfonce sans cesse dans les ténèbres. Quelle démonstration !
[Lire la chronique de J. sur nos pages]
Bien qu’il ne s’agisse que d’un single et ne constitue à priori pas une sortie officielle, il serait regrettable de ne pas évoquer cette publication du projet confidentiel qu’est IHS. Il s’agit de l’entité créée par l’âme solitaire et tourmentée de Marum, Suédois de nationalité. A l’instar de ses compatriotes de Reverorum ib Malacht -dont il est très proche- l’univers de cette création malfaisante baigne dans le mysticisme du christianisme. Chants religieux mêlés aux vocaux écorchés et maladifs, à la gloire de Dieu, se conjuguent au Black Metal, créant une atmosphère possédée et dérangeante. Les dernières minutes se concluent par un cantique, dans la résonance d’une église, accompagné d’un orgue…
Diantre ! Qui est donc ce nouvel hyperproductif du Black Metal ? En seulement une année d’existence, ce Grec d’origine, résident désormais en Norvège, a produit six réalisations, et celle-ci est le troisième album longue durée. Aktoktonia poursuit son oeuvre en distillant un Ambiant Black Metal teinté de mystère, aux relents cosmiques et résolument immersif. Quatre monolithes qui sont autant d’invitations au voyage, dans des sphères glacées et nocturnes, à la croisée d’un Midnight Odyssey, Paysage d’Hiver, Panopticon ou encore Trhä.
Des riffs primaires noyés dans la reverb, des vocaux cadavériques doublés d’antipathie et des compositions hostiles. Les Norvégiens de Northern Krig, pour leur second album, s’inscrivent dans la noble tradition du Black Metal sans compromis, sale et inhospitalier. Une infecte noirceur émane de ce brûlot rongé par la rouille et la vermine. Intense, cru et détestable…on en redemande !
Six ans après le très bon Berglicht, le one-man-band iranien a publié un nouvel album longue durée. Composé de 4 longs titres monolithiques dépassant les 20 minutes, l’individu nous embarque dans un royaume froid et désolé, grâce à son Black Metal résolument ambiant et atmosphérique. Les claviers prennent toujours, sinon davantage, une place centrale dans la musique d’Erancnoir, dont les accords apportent autant de grandeur que de désespoir.
Avec son premier album éponyme sorti en 2024, Astral Lore avait marqué les esprits. Deux ans plus tard, le duo semble toujours aussi inspiré, en dévoilant un nouvel EP composé de deux titres de treize minutes chacun. Un Black Metal rudimentaire, à la production étouffée et aux sonorités tragiques, qui servent de terreau fertile aux complaintes du vocaliste. Empli de détresse et de folie, ce dernier contribue fortement à l’atmosphère à la fois agressive et pleine de désespoir.
Autant je trouve Blackbraid convenu et lisse, autant le tout nouveau projet parallèle de son leader Sgah'gahsowáh ne me laisse pas de marbre.Une production moins ronde, des vocaux plus habités et surtout des compositions davantage inspirées, à l’intensité rythmique et émotionnelle permanente. Une réussite.
La curieuse entité française, fervente adepte de la secte des trémas, poursuit son œuvre musicale en publiant son second album longue durée. Elle y renferme un Black Metal à la fois atmosphérique et ambiant, à la production résolument raw. Les guitares lointaines, enrobées dans des nappes de clavier et de la réverbération, contribuent à l’univers à la fois mystérieux, féérique et aérien des compositions, avec quelques relents médiévaux.
Drudensang poursuit son bonhomme de chemin. Après deux EP publiés l’année dernière, les Allemands en publient un nouveau ce mois de février. La recette reste inchangée : un Black Metal revanchard, aux relents épiques et aux lignes mélodiques, soutenu par une solide production, qui vous fera assurément lever un poing conquérant vers le ciel.
La plupart des formations originaires de Singapour ne sont pas connues pour faire dans la dentelle. Draconis Infernum en est l’illustre démonstration. Mine de rien, ce projet vient de dépasser les vingt années d’existence et propose ici son quatrième album longue durée. La recette reste inchangée, à savoir un Black Metal fougueux rappelant la glorieuse époque de Marduk. Les titres bénéficient d’une certaine épaisseur dans la production, accentuant l’effet coup de boutoir qui ébranle le vulnérable profane que vous êtes.
Voilà une bien curieuse entité sortie des terres britanniques, qui a déjà de nombreuses publications à son actif depuis sa création en 2021. Pagan Winter est le cinquième album du one-man-band, produisant un Black Metal à la fois symphonique, atmosphérique, épique et mélodique, étrangement accrocheur. Les titres fleurent bon la vieille scène nordique, notamment finlandaise, à la Throes of Dawn, Moonsorrow, Catamenia, Legenda et consorts. En dépit d’un certain manque de cohérence globale, Astarothica propose une copie honorable, l’inspiration est au rendez-vous.
Voici le deuxième album du one-man-band finlandais, en autant d’années d’existence. S’appuyant sur une production à l’ancienne, l’individu nous sert un Black Metal épique dans la veine de Nachtfalke, Bathory ou encore Morrigan. Avec le feeling propre aux formations nordiques, Bronze Hall rend une copie honorable.
Cinq années après leur démo, les Allemands de Fall of Luvah ont publié leur premier album studio en autoproduction. Leur Black Metal assez travaillé et original dans les compositions pourrait faire penser à Ungfell, le côté médiévalisant en moins prononcé.
Avec plus de dix années d’existence, le one-man-band Koldkrypt poursuit son œuvre au service de la Musique Noire de Vendée en publiant son troisième opus. L’individu s’appuie sur un Black Metal relativement mélodique qui tranche avec les vocaux résolument bruts et necros, bien que l’ensemble baigne dans une atmosphère nostalgique et mélancolique.
Une production imparfaite, des riffs primaires, une batterie résonnant comme au fond d’une cave, des vocaux necro. Nul doute possible, le duo grec n’est pas là pour révolutionner le genre, mais bien pérenniser le noir esprit qui l’habite depuis les années 90. C’est sale, cru et détestable, à la Satanic Warmaster. Tout ce qu’on aime, tout ce dont on redemande.
Déjà plus de 20 ans d’existence pour ce projet emmené par Alexander von Meilenwald. Plus que jamais, The Ruins of Beverast trace son chemin à la frontière du Black et du Doom, où il y développe des ambiances mystérieuses, lourdes et rituelles. Tempelschlaf se révèle en quelque sorte la bande son d’un esprit -le vôtre- empêtré dans les méandres d’un cauchemar, dont il est difficile de s’extirper. Sans approcher l’excellence des premiers opus, ce nouvel album se laisse tout de même écouter, ne serait-ce que par curiosité.
Metal-Archives 1 / Metal-Archives 2 | Bandcamp 1 / Bandcamp 2
Amateurs de Black/Death caverneux à la Teitanblood ou Archgoat, ce split ravira vos esgourdes. Ce split réunit deux formations qui chacune contribue à une inexorable descente dans les abysses d’où ne jaillit aucune lumière. Entre martèlements hystériques et séquences mortuaires, les sud-américains dressent un décor macabre. Cet endroit dont il émane une odeur de mort à en irriter les muqueuses…
A peine 23 ans et déjà d’innombrables projets à son actif, la jeune mexicaine officiant derrière Careus assure une production stakhanoviste. Tant sur le plan musical qu’au niveau de l’imagerie, l’individu semble suivre le sillage du courant créé par Damián Antón Ojeda (Trhä, Sadness, etc). Nous avons bel et bien ici affaire à ce Post-Black Metal au grain raw, imprégné de mélancolie, de folie et d’une forme de sensibilité. Le résultat est convaincant.
Initialement paru à l’automne dernier en version digitale, ce premier album de Rå est officiellement publié en physique début janvier chez Transcendance. Il aurait été dommage de ne pas en parler sur nos pages. Collaboration entre l’inarrêtable Déhà et Isa Myling, l’opus porte le poids d’une charge émotionnelle intense, pleurant le décès tragique de Asgeir Amort (Oscar Swinks) : colocataire et ami pour l’un, partenaire de vie pour l’autre, le duo conjugue leurs efforts pour délivrer un Black Metal où s’enchevêtrent d’innombrables sentiments : tristesse, amertume, rage et paradoxalement une once d’espoir. Comme une volonté de tourner la page, de rendre hommage, sans oublier, pour atteindre une certaine forme de catharsis.Les cris torturés et emplis de détresse d’Isa Myling se marient avec le magnifique travail de composition de Déhà, pour un résultat bouleversant.
On n’arrête décidément plus Hylgaryss. Quelques mois après Sainte Obyana du Froid, le talentueux musicien récidive avec un de ses nombreux projets parallèles : Vide. Aux enfants des ruines est le premier album studio, paru chez Antiq, faisant suite à trois EP. On y retrouve l’univers propre à l’artiste, où se mêlent la mélancolie, le funèbre et l’onirisme, forgé par un Black Metal atmosphérique aux sonorités immersives. Le clair-obscur d’Hylgaryss transparaît une fois de plus, conjuguant son chant guttural à des vocaux juvéniles, aériens et diaphanes, portés par des riffs intenses et des nappes de clavier enveloppantes.
Et on conclut cet article avec l’un de mes projets de cœur de ces dernières années : l’énigmatique Ehtëk, dont on ne sait absolument rien. Fortement inspiré de l’univers de Trhä, tant au niveau conceptuel que musical, l’individu dresse le décor d’un monde fantasmagorique et onirique. Son Black Metal, loin des racines du genre, se veut atmosphérique, mélancolique et psychosé, teinté de poésie dans les compositions.