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Dimmu Borgir - Grand Serpent Rising
Chronique par Storm - Publiée le 04/06/2026
Dimmu Borgir - Grand Serpent Rising
Note : 2.5/6
Genre : Metal Moderne
Année : 2026
Label : Nuclear Blast
Pays : Norvège
Durée : 01:09:18
Tracklist :
1.
Tridentium
03:55
2.
Ascent
05:21
3.
As Seen in the Unseen
06:59
4.
The Qryptfarer
04:30
5.
Ulvgjeld & blodsodel
05:42
6.
Repository of Divine Transmutation
06:33
7.
Slik minnes en alkymist
05:38
8.
Phantom of the Nemesis
05:07
9.
The Exonerated
05:57
10.
Recognizant
05:51
11.
At the Precipice of Convergence
04:16
12.
Shadows of a Thousand Perceptions
05:29
13.
Gjǫll
04:00

Je vous concède en préambule que, dans la discographie pas si étoffée, soit dit en passant, de nos glorieux Norvégiens, je n’ai fondamentalement de la considération que pour deux albums : "Enthrone Darkness Triumphant" et "Spiritual Black Dimensions" dans une certaine mesure. C’est ainsi, on ne se refait pas, et personne ne me privera de bâillements prolongés à l’écoute de ces soi-disant albums exceptionnels de Black Metal Symphonique portés aux nues par des hordes de Métalleux en herbe ou de surface. J’avoue être assez langue de pute et narquois depuis déjà une sacrée paire d’années, attitude renforcée par cette envie réflexe de pioncer à l’écoute de toute œuvre de DIMMU BORGIR qui s’essaie à être conceptuelle et cinématographique sans toutefois en avoir la profondeur et l’envergure. Depuis le précédent album sans intérêt fondamental, "Eonian", huit ans se sont écoulés, et Shagrath et Silenoz (dont tout le monde connaît les pseudos dorénavant) sont toujours en belle forme, tout en se la coulant douce.

Le line-up a encore subi ces dernières années quelques remous : Galder, en poste depuis 1999, a foutu le camp ; cela en fait donc un de moins ou un de plus (rayez la mention inutile) à quitter le paquebot rutilant. Pour réparer cette rupture difficile et délicate, notre duo de choc s’est décidé à gratter un peu la terre pour retrouver un certain Fredrik Nordström à la production, histoire de retrouver quelques sensations d’il y a vingt ans et d’en frémir. Et puis pourquoi ne pas réutiliser le norvégien dans les textes, tiens ! Ça fait tellement du bien, dis donc ! Ce sera donc le cas sur certains titres pour un retour aux sources pré-2000. Et cette inclinaison nouvelle de DIMMU BORGIR à revenir à ses fondamentaux, en ralliant (réconciliant ?) toutes les facettes du groupe, se ressent jusque dans les titres de ce "Grand Serpent Rising", lequel essaie, autant que faire se peut, de rallier moins d’orchestrations opératiques et de gigantisme symphonique à un riffing plus efficace et des nappes de claviers moins grandiloquentes.

Cela fonctionne plus ou moins, soyons très clairs. Pas grand-chose de neuf sous le soleil, ai-je envie de vous dire. DIMMU BORGIR est tout de même un groupe qui est de plus en plus à bout de souffle. Le projet porte encore des idées, mais nos chers Norvégiens ne semblent plus posséder les capacités pour créer ou dompter des fulgurances, ni créer des riffs mémorables. "Grand Serpent Rising" est long, beaucoup trop. Il vous faudra attendre "Phantom Of The Nemesis" pour enfin lever le sourcil, "The Exonerated" (le titre suivant) pour garder les yeux ouverts et puis… il vous sera temps de retourner dans vos pénates ou votre tanière afin de vous préparer à hiberner. Certes, ces deux titres possèdent de très belles ambiances, de superbes leads et quelques solos bien sentis ; la production dense et puissante dopant cette impression. Mais sont-ils absolument marquants ? Je ne le crois pas. Le DIMMU BORGIR de 2026 ne fera pas franchement date mais ravira les fans ultimes du groupe qui ont accepté toutes ses dérives stylistiques. Les autres y trouveront certainement leur compte sans pour autant sauter au plafond.

De mon côté, je suis plutôt de la team un peu rancunière et qui a un peu de mal à accepter que DIMMU BORGIR ne sache toujours pas faire mieux. Ce n’est que mon avis, je me suis fait chier les 4/5e du temps sur ce "Grand Serpent Rising", et je vous l’écris. L’album fera son petit buzz mais, s’il ne délectera pas vraiment son public, la communication de Nuclear Blast Records fera le reste pour taire l’essentiel. Au fond, le véritable paradoxe de DIMMU BORGIR réside peut-être là : celui d’un groupe devenu tellement imposant qu’il n’a plus besoin de se dépasser pour exister. "Grand Serpent Rising" n’est ni une catastrophe ni une renaissance, simplement un nouvel épisode d’une carrière qui avance désormais sur ses acquis. Solide, professionnel, parfois inspiré, mais rarement passionnant. On sent encore le savoir-faire, l’expérience et cette capacité à produire des atmosphères travaillées, mais la flamme qui transformait jadis ces compositions en hymnes semble vaciller de plus en plus. Et lorsqu’un serpent cesse de muer, il finit souvent par tourner en rond autour de sa propre légende, prisonnier d’un prestige qu’il entretient davantage qu’il ne le réinvente.




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