Accueil > Articles > Musique > Top 2025
Top 2025
Article rédigé par Black Devotion - Publié le 17/02/2026

Top 2025

Article en retard. Urgent. Top 2025 ci-dessous. De toute façon, vous ne lisez jamais le texte d'intro d'un top annuel, et on n'est pas là pour se faire des toutous sous la douche, tas de cons.

Si vous voulez quand même nous en faire, c'est sur notre Discord : https://discord.gg/Rf8XEKuZk4

Lien vers le serveur Discord

 


 

10ème : BLOOD ABSCISSION - I I

Blood Abscission

O. : Ce mystérieux groupe, actif depuis deux ans et un premier album déjà excellent quoiqu’un peu succinct, nous offre ici à mon avis ce qui se fait de mieux en black metal atmosphérique, et un des albums qui a le plus tourné chez moi cette année. Continuant dans le thème industriel, avec une pochette tout aussi énigmatique que celle de leur précédent album, ce deuxième opus attaque sans fioritures, entre blast frénétique et pauses mid-tempo aux mélodies épiques. A l’exception du chant que je trouve un peu sous-mixé, c’est globalement suffisamment bien produit pour que ça ne pose pas véritablement de problème. C’est assez rare de trouver quelque chose de différent dans le black atmo, sous-genre qui a vraiment le vent en poupe depuis pas mal d’années maintenant, mais Blood Abscission fait partie de ces perles à découvrir sans plus tergiverser. Après deux albums sans fautes, j’attends vraiment la suite avec impatience. Et si vous voulez un avis plus détaillé, vous trouverez ici la chronique que Storm en a fait.

 


 

9ème : PISSGRAVE - Malignant Worthlessness

Pissgrave

La Bête Du Blizzard : Vous avez connu rotten.com en 56k au milieu des années 2000 ou certains de ses clones exhibant des images authentiquement révulsantes de corps en décomposition ? Vous avez déjà essayé d’imaginer ça traduit en musique ? Bien sûr que non mais Pissgrave l’a fait. Et en 2025, c’est comme une trilogie qui se termine. Trois albums fortement semblables dans un style musical lui-même fortement codifié et pourtant trois chefs-d’œuvre du death metal. Oubliez tout le reste, de Demilich à Mortician en passant par Last Days Of Humanity, Pissgrave atteint une extrémité seulement atteinte par des groupes comme Revenge dans le black metal ou Sadistik Execution dans ses passages les plus chaotiques. Même violence caractéristique, même intensité anti-musicale et rampante. Tout est dans l’outrance qui en laissera plus d’un sur le bord de la route : production qui tire sur le raw malgré sa puissance, chant ultra-saturé, soli déments. Vraie dynamique paradoxale avec ces riffs limite black metal atmosphériques joués en quasi-noisy, détournés vers le domaine de la médecine légale. Cette fois-ci, Pissgrave rend au death metal son exacte signification sémantique : rien de festif, c’est sérieux car c’est la mort sans filtre. Comme leurs pochettes qui n’ont rien de gratuit.

 


 

8ème : PEST - Eternal Nightmares

Pest

S. : On aurait pu légitimement admettre la fin de Pest suite au décès de son guitariste Mrok (Artur Bialkowski) en 2011, membre fortement impliqué dans le combo Allemand. Celui-ci se serait alors brutalement terminé sur l’excellent Buried. Mais la flamme de l’art noir ne se consume jamais complètement et le groupe a décidé de renaître de ses cendres encore incandescentes, plus de dix ans après. De toute évidence, ni la fougue ni l’inspiration des teutons n’ont été emportées par la Grande Faucheuse. Cet inattendu Eternal Nightmares poursuit le chemin tracé jusqu’alors. Leur Black Metal transporte l’auditeur dans la sombre période du quatorzième siècle, marquée par la pandémie qui décimait les peuples, où la mort frappait à chaque coin de rue ; telle est l’atmosphère qui gangrène cet album, où l’esprit médiévalisant se heurte à la terreur du fléau, grâce à la tonalité à la fois tragique et oppressive des guitares, aux vocaux épouvantés et à ce rythme effréné. Les compositions asphyxiantes viennent sublimer tout ce travail d’ambiance : riffs abyssaux, enchaînements tragiques et mélodies épiques parsèment les morceaux, dont seules l'intro et l'outro permettent de s'extraire.

 


 

7ème : ...AND OCEANS - The Regeneration Itinerary

...And Oceans

J. : Le black metal symphonique a eu son heure de gloire dans les années 90, avec des groupes comme EmperoR, Limbonic Art, Dimmu Borgir et bien d'autres. And Oceans est arrivé dans la course en 1995. Les finlandais ont tout de suite marqué les esprits avec un premier album en 1998 qui combine avec brio nappes atmosphériques et guitares abrasives, puis ont enfoncé le clou avec un second album en 1999. Dans les années 2000, le black metal symphonique n'a plus eu la cote, le combo s'est orienté vers des sonorités plus électroniques et industrielles et n'a plus fait parler de lui. Il faut attendre 2020 pour que le phoenix renaisse de ses cendres. Coup sur coup en cinq ans, le combo de Pietarsaari publie trois albums de black metal symphonique comme plus personne ne le fait aujourd'hui. The Regeneration Itinerary est une ode aux groupes qui ont forgé le style dans les années 90. La musique de And Oceans a su devenir plus intense et rapide, les orchestrations et les nappes atmosphériques sont parfaitement calibrées et épaulées parfois de quelques incursions industrielles. L'émotion est palpable et même accentuée lorsque le groupe ralentit, avec des passages mélancoliques et mélodiques. And Oceans propose, ici, l'un des meilleurs albums de black metal symphonique de ces 20 dernières années.

 


 

6ème : TEITANBLOOD - From The Visceral Abyss

Teitanblood

J. : Les tempêtes traversent habituellement l'Hexagone d'ouest en est, mais il arrive de temps à autre qu'elles remontent du sud. La dernière en date est arrivée d'Espagne fin mars, sans prévenir... Teitanblood déchaîne les passions et sème le chaos. Le quatuor madrilène ne déroge pas à la règle et nous a habitués à des déluges sonores depuis 2003. Ce nouveau méfait nous rappelle que la mort n'est pas une fin, mais une éternelle répétition. Ici, l'ésotérisme côtoie la violence et la mort; tout est sombre et funeste. On peut même dire que l'atmosphère est nihiliste et apocalyptique. Chaque invocation est proclamée par un prophète illuminé pendant que la musique nous met à genoux et nous réduit en cendres. Vous l'aurez compris, "From the Visceral Abyss" fleure bon la putréfaction et le mysticisme. Sans temps mort et d'une intensité redoutable, ce quatrième rituel balaye tout sur son passage et ravira les âmes en perdition habituées à l'abîme sonore le plus mortifère.

 


 

5ème : SARGEIST - Flame Within Flame

Sargeist

La Bête Du Blizzard : « Unbound » sonnait différemment, plus épais, plus net aussi, tout en gardant sa diversité de riffs enlevés. Shatraug, tête pensante de Sargeist depuis sa création, avait purgé le line-up de ses membres historiques, eux-mêmes majoritairement membres de Behexen, groupe dans lequel officiait également Shatraug. Objet d'un divorce douloureux entre les deux formations, on se demandait dans quelle direction cette nouvelle mouture allait se diriger. Réponse : Nulle part ou alors dans le passé. Cette cuvée 2025 renoue avec la formule gagnante que l’on retrouve sur des albums comme « Feeding the Crawling Shadows » ou l’iconique « Let the Devil In » ; Titres plus courts, mélodies accrocheuses en guitares leads que l’on ne risque pas d’oublier de sitôt, production plus acérée et même plus « lo-fi » que sur « Unbound », nous rappelant les grandes heures des années 2000. On écoutera jusqu’à la nausée le riff principal, à la foi mélancolique et sautillant, du titre éponyme, tout comme pour le véhément « Ordained and Adorned ». Formule identique répétée d’un titre à l’autre ? Riffs tueurs répétés jusqu’à la nausée ? Qu’importe, on a l’ivresse, celle de la nuit et du culte. Sargeist ne déçoit pas et délivre à nouveau un grand album.

 


 

4ème : ONE OF NINE - Dawn Of The Iron Shadow

One Of Nine

Storm : Ultime surprise, et de taille, de cette année 2025, "Dawn Of The Iron Shadow" des Américains de ONE OF NINE offre un Black Metal épique subtilement racé, comme cela faisait longtemps qu’il n’en était pas sorti. Cultivant une approche tout aussi atmosphérique que mélodieuse, les titres s’égrènent avec maestria et une aisance déconcertante. Au programme : pérégrinations médiévales somptueuses, cascades de paysages hors du temps et éther cristallin magnifié par les nappes de claviers plus ou moins discrètes. Rien que cela. Le tout est harmonisé par des structures riches et complexes, ainsi que par un sens inné et affirmé pour le Dungeon Synth, la langue de Tolkien et les frasques chevaleresques. Attendez-vous donc à sillonner cet album comme l’on traverse des paysages variés, étranges et attrayants. Depuis le premier album, "Eternal Sorcery", nos Américains semblent s’émanciper de plus en plus et affirment, avec ce "Dawn Of The Iron Shadow", leur goût immodéré pour le Black Metal de premier rang. Il faudra compter avec ceux-là dans l’avenir, c’est désormais une certitude.


 

3ème : CLANDESTINE BLAZE - Consecration Of The Blood

Clandestine Blaze

La Bête Du Blizzard : Vingt-huit ans de carrière, treizième album et un rythme de pile un album tous les deux ans depuis près de quinze ans ; Difficile de tomber encore sur des œuvres qui provoquent encore le "sentiment océanique", ou plutôt nocturne, des débuts. On a toujours la peur de tomber un jour sur l'effet pilotage automatique. En effet, 2025 a vu quelques espoirs douchés, comme le dernier Hate Forest en pilotage automatique. Mais le venin persiste chez certains activistes, mêmes bien installés. Et c’est le cas chez le dernier-né de Mikko Aspa. Ce nouveau Clandestine Blaze pourrait d'abord inquiéter avec sa production moins crasse. Mais l'album s'avère toujours aussi laid et primitif, charriant vers la surface un maelstöm de négativité authentique. Dans la parfaite lignée d’un « City of Slaughter », chaque piste est efficace, possédant aussi sa personnalité propre. Mention aux deux dernières pistes qui brillent par leur cruauté inspirée. Nous sommes résolument loin du black metal instagrammable et esthétisé en subissant ce déversement de haine vomie sur trente-huit minutes resserrées et efficaces. Mon album black metal de l’année, for sure.

 


 

2ème : MUVITIUM - Under Natthimlens Tecken

Muvitium

Storm : La nuit recouvre enfin la forêt et, dans l’entrebâillement des dernières lueurs, la faune nocturne s’éveille dans le silence pour y reprendre ses droits. Un spectre marche et ondule entre les arbres avec une aisance toute fantomatique ; il n’a ni visage ni pieds. Il porte un manteau de feuilles noires et dépose une encre scintillante sur les branches qu’il effleure. Lui, c’est Swartadauþuz. Au cœur de sa forêt, en Suède, parmi les multiples projets qu’il aime tant nous déverser, se propage depuis un certain temps celui de MUVITIUM. Nous pourrions dire qu’il est la suite enténébrée de BEKËHT NEXËHMÜ et nous n’aurions pas tout à fait tort. Avec cette démo sortie de l’humus et de la terre gelée – les compositions datent de 2019 mais n’avaient jamais été publiées –, Swartadauþuz nous envoûte littéralement de son Black Metal lancinant, ambient et solitaire. Un album incroyablement hypnotique, introspectif et savant.

 


 

1er : KVELDSTIMER - The Cursed Oak

Kveldstimer

O. : Premier album pour cette formation Américaine, mais dont les membres n’en sont pas pour autant à leurs débuts, étant donnés les 812 autres projets parallèles dont ils font partie. On a là un black atmo/ambient très épique avec des lignes de claviers qui apportent cette ambiance très 90s. L’atmosphère retranscrite est proprement remarquable, avec ces guitares omniprésentes qui se mêlent au blast sans presque aucun répit. On est même gratifié, à certains moments particulièrement jubilatoires, d’un chant clair très « Saroumanien » du plus bel effet. Chaque morceau transcende l’auditeur un peu plus que le précédent et l’emmène voyager dans de sombres contrées où la Nature et les anciens Dieux sont toujours l’élément central de la vie des Hommes. Cet album est vraiment une réussite de la première à la dernière seconde et de ce fait mérite à la fois toute votre attention (vous pouvez trouver ici l’avis plus détaillé de Storm sur le sujet) et sa première place dans notre Top 2025. Magistral.

 

38 lectures